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mercredi 31 août 2022

Le pays des autres Leila Slimani

 Le Pays des autres par Slimani


Ce livre, premier d’une trilogie, s’inspire de l'histoire des grands-parents marocains de Leila Slimani dans le contexte des années cinquante où le Maroc revendique son indépendance, où la défiance envers les colons vire à la haine, et où la révolte commence à s’infiltrer. 


Mathilde, une jeune Française impulsive et immature qui a grandi en Alsace, tombe amoureuse d'Amine, un Marocain qui a combattu pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale. Une relation qui semble largement basée sur l'attraction physique et qui est parfois mise à rude épreuve par les inévitables différences culturelles que ni l'un ni l'autre n'a anticipées. 


Après le mariage, le jeune couple vient habiter le Maroc, où Amine pense récupérer la ferme de son père et devenir fermier.


Rien n’est facile dans l’existence de cette famille (le couple a deux enfants, AÏcha et Selim), qui est entourée en partie par la mère et la fratrie du mari, ce qui n’est pas toujours simple.


Ici, chacun vit dans le pays des autres, à commencer par cette jeune Mathilde débarquant à Meknès avec son appétit de vie exotique et qui se heurte à l'opprobre des colons en un contexte où il est dorénavant impérieux de choisir son camp.

Malgré tous ses efforts, elle a du mal à s’adapter à son nouveau pays et son mari, pourtant désireux de bien faire également, n’est pas non plus toujours prêt à accepter les exigences de son épouse.


Les temps sont rudes, le climat y est pour quelque chose, mais aussi les problèmes d’argent. 

La terre s'avère pauvre, et Amine se transforme en un bourreau de travail, sa frustration explosant trop souvent en violence. 

Le portrait de Selma, la sœur cadette d'Amine, est poignant, alors qu'elle peine à mener un mode de vie plus libre, sa beauté est une malédiction dans un monde où elle est censée être gardée cachée. 


C’est toute une tranche de vie avec ses joies et ses drames qu’il nous est donné de partager.


Dans la féroce bataille pour l'indépendance marocaine, Amine essaie d'éviter de prendre parti.  Pourtant, il a servi dans l’armée française, et est donc considéré comme traitre à son pays par beaucoup de marocains, dont son frère Omar, pour avoir servi l'ennemi, la France.

Même s'il risque de tout perdre lors d'un incendie général de la localité, il est capable d'enseigner à sa fille qu'en temps de guerre, le concept de bonnes et de mauvaises personnes, ainsi que la justice, cessent de s'appliquer — les gens avec qui nous avons grandi deviennent nos ennemis. 


Ce récit est dur et passionnant. Les personnages du roman sont attachants. Ils s’aiment profondément, en dépit de heurts parfois très graves. 


De Leila Slimani je n’avais lu jusqu’à présent que « Chanson Douce », que je n’avais pas du tout aimé et qui m’avait laissé comme une impression de malaise.

« Le pays des autres » m’a réconcilié avec cet auteur et je vais pouvoir lire le 2ème livre de la trilogie, qui vient de sortir :« Regardez nous danser ». 

 

Marie Christine 


https://www.youtube.com/watch?v=lMbnvG-Kl7M

 

https://www.youtube.com/watch?v=CEWUtEszbgo 


https://www.youtube.com/watch?v=oafOA6mVXM0

 

 



 

La commode aux tiroirs de couleur - Olivia Ruiz

 

La Commode aux tiroirs de couleurs par Ruiz

 
 
Olivia Ruiz  ,auteure , compositrice , interprète , d'origine espagnole...
Trois de ses grands-parents ont fui la guerre civile ,mais n'en ont jamais parlé , de ce silence est né son premier roman .
Rita perd sa grand-mère (son Abuela) dont elle hérite d'une commode aux mille secrets .
"les tiroirs de couleurs " relatant la vie difficile de ces femmes espagnoles  meurtries par l'exil ou les deuils 
la difficile intégration !!! encore et toujours !!
Le début est assez rebutant , mais si l'on s'accroche un peu , cela nous amène à une fin tout à fait inattendue  .
Au fil des pages on s'attache à ces femmes au caractère très fort ...
 
Claude 9-8-2020
 

L’occasion s’est présentée pour moi de lire ce roman sur lequel en 2020 les commentaires de Monique et Claude avaient attiré mon attention.

J’ai été séduite par l’habileté et le brio avec lesquels l’auteur nous offre la découverte d’une histoire de famille, celle d’immigrés espagnols fuyant la Guerre Civile .

Dans la présentation par Olivia Ruiz et que j’ai écoutée grâce aux « bonus » de Lisons-Lisette, on comprend ce qui s’attache de viscéral à ce surgissement d’un récit découvert sur le tard par la petite fille de Rita grâce à l’héritage de la commode. Un objet, certes, mais qui contient l’histoire encore inconnue de cette grand_mère.

Tout m’a donc plu dans ce livre, que je supposais bien à tort de l’espèce «  feel good » . Dans la vie assoiffée de liberté de Rita et si bien peinte par une écriture ardente, il me semblait retrouver la présence de sentiments déjà exprimés par des paroles de femmes, celle de Lena, par exemple de L’Amie Prodigieuse…

Un petit bémol quant à l’épilogue, dommage !

Marie Thérèse 8-2022

 
 
 
 
 

lundi 29 août 2022

Sombre dimanche Alice Zeniter


 

 Sombre dimanche par Zeniter



Imre vit à Budapest, son enfance se déroule dans la petite maison en bois où ont vécu ses ancêtres. La gare, les rails et les trains font son quotidien en cette époque d'effondrement de l'URSS et le petit garçon rêve d'un avenir radieux, libéré du passé familial, de la pauvreté et des cicatrices laissées par Staline. Mais les rêves suffisent-ils à s'affranchir ?
Roman mélancolique et poétique qui me fait dire : c'est beau. Un peu triste, c'est sûr. Mais beau.
Avec quelques pointes d'humour !
J'ai bien aimé et lirai sûrement d'autres livres de cette écrivaine.

Sylviane

https://www.youtube.com/watch?v=93jmMH5w_wk 

 

dimanche 28 août 2022

Le vilain petit Qatar, cet ami qui vous veut du mal Nicolas Beau

 Le vilain petit Qatar. Cet ami qui nous veut du mal par Beau

 

Avec ses milliards de dollars à investir , le petit émirat qatari( en surface) achète ....tout , surtout l'immobilier et tout ce qui touche aux sports sans oublier l'essentiel, la religion de l'Islam.

" Saint Qatar, sauvez-nous de la crise!" implorent nos responsables de tous bords ( oui , oui de tous bords , comme quoi avec l'argent???)

Depuis que le gaz a surgi sous ses pieds, ce " nain" est traité en géant et sa télévision, Al Jazira, considéré comme le lieu de la libre expression proche et moyen orientale.

En plongeant dans ce livre ( cela se passe sous les Présidences Chirac, Sarkosy et Hollande, droite , gauche , l'argent ne fait pas de différence...) on découvre les impostures de l'émir et de son clan.

Ce champion des colloques sur la corruption n'est pas un modèle de vertu quand lui-même lave l'argent des dictateurs ( Tunisie, Libye, Syrie, Egypte, et j'en oublie..)

Cet Etat n'a jamais sponsorisé un islam tolérant, pas plus dans nos banlieues qu'au Nord Mali ( par exemple)

Derrière une vitrine occidentale c'est un ogre wahabite ( islam très conservateur comme l'Arabie saoudite) qui tient la caisse.

Très intéressant à lire pour ne pas rester trop " naïf".

 

De l'humiliation Oliver Abel

 

 De l'humiliation par Abel

 

L'humiliation est partout dans nos vies et est devenue, hélas, le coeur de nos sociétés.

Elle offense, ridiculise, envenime la violence, l'injustice et génère le ressentiment.

L'humiliation fait taire le sujet parlant et ruine la confiance, l'estime et le respect de soi.

On peut être humilié par les objets, les formes de l'architecture, les publicités, les formulaires administratifs etc...

Et les sentiments sombres attisés par les réseaux sociaux..

Et celui qui ne comprend pas comme vous ?  A qui vous pouvez refuser d'autre voie que votre ressenti ?

Il est peut être urgent d'imaginer une société où l'on aurait appris à déjouer au mieux l'humiliation.

Pourquoi ne pas essayer de mettre en oeuvre une société moins humiliante?

C'est possible ... alors essayons ?

Olivier ABEL philosophe, ami de Paul RICOEUR semble un des plus grands spécialistes de la fonction imaginaire de la parole.

Alors si cela vous dit , je vous souhaite une bonne lecture.

Jean Claude .

 https://www.youtube.com/watch?v=G1_ynk7E7LQ

https://www.youtube.com/watch?v=jEqbtZc2vS4 

 

Pour le lien suivant, il faut descendre un peu sur la page pour trouver la vidéo :

https://www.reforme.net/gratuit/2021/05/06/olivier-abel-il-faut-arreter-le-deni-de-lhumiliation/ 

samedi 20 août 2022

Zouleikha ouvre les yeux Gouzi Iakhina

 

Zouleikha ouvre les yeux par Iakhina


Ce roman recrée un monde où la culture populaire tatare joue un rôle pour l'héroïne.

On est à la veille de l'écroulement du monde paysan de toute la Russie: Zouléikha , mariée à un homme plus âgé , vit une vie de soumission. On est en 1921, la révolution bolchévique est en marche , avec les réquisitions de grain, les brigades d'expropriateurs, une vraie guerre menée contre la paysannerie qui représente encore les 2/3 du pays.Lénine donne le pouvoir aux éléments les plus dépravés de la campagne avec la " dékoulakisation". Après le meurtre de son mari par Ivan, Zouleikha est entraînée dans la déportation d'un immense peuple paysan dans un charroi gigantesque d'une Russie martyrisée.

Ce roman magnifique , typique de la littérature russe, tente de nous mener au salut par la pitié, la compassion, la soumission aussi?

L'auteure emprunte à la plus pure tradition des romans russes classiques.Le style est flamboyant et les émotions sont " au rendez vous"

Nota : Ce roman a eu le Prix Transfuge du meilleur roman russe 2017 et le Prix de la traduction de l'INALCO 2019.

Cela change....

Jean Claude.

 

Commentaire par Le Temps : 

Premier roman très maîtrisé d’une jeune Tatare, Zouleikha ouvre les yeux est le grand récit de la constitution de l’URSS en pays, à travers les crises, la guerre et le déplacement de millions de personnes. Ce qui fait sa beauté et son originalité, c’est que cette épopée est vue à travers les yeux de Zouleikha, une petite paysanne tatare qui parle mal le russe, qui n’a même jamais vu Kazan et qui va être déportée comme tant d’autres dans les terres vierges de la Sibérie où vont se fondre les multiples nationalités.

Zouleikha vit dans un univers où elle négocie tous les jours avec les esprits de la forêt, tout en respectant les lois qu’Allah impose à ses fidèles. Mariée à quinze ans à un riche paysan, elle accepte avec résignation d’être l’esclave de ce tyran et de la vieille mère à laquelle il est soumis. Ses quatre filles sont mortes en bas âge, elle vit dans la crainte du péché et se félicite d’avoir un bon mari qui ne la bat qu’à bon escient. Elle a traversé la grande famine, la guerre civile, puis la période faste de la Nouvelle politique économique, la NEP, pendant laquelle les paysans, les koulaks, ont pu accumuler à nouveau des richesses. Maintenant, on est en 1930, en pleine dékoulakisation. Il serait temps que Mourtaza, son mari, rejoigne le kolkhoze. Mais pour lui, il est hors de question de se soumettre, il en perdra la vie.

Conditions infrahumaines

Zouleikha quitte son univers, rude mais protégé, pour une longue déportation – en chemin de fer puis en péniche – jusque sur les bords de la rivière Angara, en Sibérie, sous la férule d’un intégriste de la Révolution, Ignatov, l’assassin de son mari. Dans la confusion et la fantastique incurie des structures étatiques, le convoi avance comme des centaines d’autres, au prix de grandes pertes humaines. Les maladies, la malnutrition, les évasions et un naufrage final réduisent à une petite troupe de trente individus le convoi où Zouleikha a été jetée. Sous la férule d’Ignatov, ces êtres que rien ne réunit vont tenter de survivre dans des conditions infrahumaines.

Les rives de l’Angara

Zouleikha, qui, en route, s’est révélée enceinte et accouchera bientôt d’un petit garçon malingre, Youssouf, est tout occupée à le maintenir en vie en dépit du froid et des privations. Elle abandonne peu à peu ses pratiques animistes et les rites de l’Islam. Si elle vit toujours dans la peur du péché, il lui faut ouvrir les yeux sur un monde nouveau qui s’élabore dans le chaos. «Ici, au fin fond de l’univers, il n’y avait personne pour punir ou gracier: le regard du Très-Haut n’arrivait pas jusqu’aux rives de l’Angara; même les esprits étaient absents des broussailles profondes de l’ourmane sibérien. Les gens, ici, étaient parfaitement seuls, seuls les uns avec les autres.»

L’élan vital

Abandonné à lui-même, avec des outils dérisoires, le groupuscule traverse le long hiver comme par miracle. Au printemps, le gouvernement finit par envoyer du matériel plus approprié, des semences, des armes pour la chasse, et la vie s’organise. C’est un des très beaux passages du livre que l’édification de cette communauté humaine au fil des années, avec ses conflits et sa solidarité, ses alliances et ses rivalités. Comme souvent dans les romans russes, la nature, puissante, généreuse et hostile à la fois donne au récit l’élan vital qui transcende la misère des conditions de vie.

Bourgeois de Petersbourg

Gouzel Yakhina sait faire vivre ce microcosme de manière très visuelle, «cinématographique», dit la romancière Lioudmila Oulitskaya dans sa préface. Il y a de magnifiques figures. Zouleikha, qui sort de la soumission ancestrale, se révèle chasseresse et se bat pour son enfant. Mais aussi Ignatov l’intégriste, transformé par ses échecs, par sa passion inavouable pour Zouleikha, puis qui sombre dans l’alcoolisme. Ikonnikov, le peintre qui réalise des fresques d’agit-prop où il glisse en douce ses souvenirs de Paris. Et Leibe, le grand professeur de médecine de Kazan, qui, à l’aube de la Révolution, s’est replié dans le déni, réfugié dans sa coquille, et qui en sort pour soigner les déplacés avec les herbes de la forêt. Et encore ce couple de bourgeois de Petersbourg qui affronte son déclassement avec un détachement souverain.

Au fil des ans, la petite communauté devient un gros village, une agglomération de nations, de religions et de langues que la guerre a intégrées dans le grand creuset soviétique. Grâce à Ignatov, déchu de son pouvoir, Youssouf peut s’enfuir vers les villes, vers son destin d’artiste. On est en 1946. Peut-être Zouleikha peut-elle enfin s’imaginer un destin individuel au sein du grand monde soviétique.

https://www.bibliosurf.com/Zouleikha-ouvre-les-yeux.html?test=wj2jl6K89WI#wj2jl6K89WI 

 

A quoi rêvent les étoiles Manon Fargetton

 

 

 À quoi rêvent les étoiles par Fargetton


Et si tous les humains étaient comme des étoiles, et qu'ils étaient tous connectés telles des constellations ?


Voici un roman émouvant et porteur d’espoir. Il suit les destinées de cinq personnes que tout oppose et qui vont finalement se croiser et s’attacher.


Le livre se compare à une pièce de théâtre, avec le lever de rideau, les actes et entractes. Les chapitres consacrés à Gabrielle, le professeur de théâtre, sont sous forme de dialogues.


Luce est une vieille femme en deuil qui a perdu son mari et n’a plus le goût de vivre.

Alix est une jeune prête à tout pour devenir comédienne.

Armand est un père étouffant qui n'accepte pas qu’Alix quitte le nid.

Titouan ne veut plus sortir de sa chambre et refuse de retourner au lycée . Son seul passe-temps est de jouer en ligne avec un copain qui en réalité est Alix qui se fait passer auprès de lui pour un garçon.

Gabrielle, elle,  est professeur, et elle ne veut pas s'attacher aux gens.


Au fil de la lecture, on apprend à les connaître. J'ai beaucoup aimé dérouler les ficelles et découvrir leurs liens et leur passé.

La croisée de leurs chemins est amenée petit à petit .


La solitude de tous ces personnages va finalement les unir et les amener à se serrer les coudes sans le savoir.

Tout sonne juste dans ce roman ,et particulièrement les thèmes abordés, qu’il s’agisse de la solitude, de la phobie scolaire, des relations parents/enfants , de l’amour….ou encore de la capacité des humains à s’entraider.


J’ai vraiment beaucoup aimé ce livre..

 

Marie Christine 

 

https://www.youtube.com/watch?v=yca0MNz7P9g 

 

https://www.youtube.com/watch?v=qrw0PsXxZ3U 

 

Par les routes Sylvain Prudhomme

 

 Par les routes par Prudhomme

Je viens de lire le livre de Sylvain Prudhomme "Par les routes" - prix fémina 2019....un peu déroutant, une belle écriture qui nous parle de "la force de l'amitié".......  malgré tout......

Marie Odile
 
Critique de France TV-Info :

Par les routes (Collection L’arbalète/Gallimard), le dernier roman de Sylvain Prudhomme, paru à la rentrée, Prix Landerneau des lecteurs est en lice pour le Prix Fémina, qui dévoilera son lauréat le 5 novembre.

Ce nouveau roman raconte l’histoire d’un écrivain en rupture de ban, d’un de ses amis et de la famille de ce dernier. Sacha, bientôt 40 ans, célibataire et sans enfant, a quitté Paris pour V. (le nom restera une simple lettre), une ville du Sud-Est, pour y "entamer une nouvelle vie". "De toutes mes forces, je souhaitais changer d’air. Destruction, reconstruction : c’était mon programme pour les jours et peut-être pour les années à venir".

"J’avais eu envie de ce calme. Il m’avait semblé qu’à V. je saurais retrouver la concentration, l’ascèse qui depuis des années me manquaient. La juste dose d’isolement qui me permettait enfin de me ramasser, de me reprendre, peut-être de renaître".

"Je suis arrivé à la gare de V. vers midi, muni en tout et pour tout de deux sacs remplis de livres et de vêtements. Il faisait beau, c’était le début du mois de septembre. Les platanes commençaient à perdre leurs feuilles. Elles se détachaient une à une, tombaient comme de grands copeaux de bois, touchaient le sol avec un raclement sonore. Crissaient ensuite contre le bitume à chaque coup de vent".

Retrouvailles

Le décor est posé. De fil en aiguille, il va retrouver un ami qu’il n’a plus vu depuis 20 ans, depuis qu’étudiants, ils habitaient ensemble. Un ami avec qui il a beaucoup voyagé en auto-stop. Et qu’il n’appelle que "l’autostoppeur", sans jamais donner son nom...

Par la suite, ils s’étaient perdus de vue parce que sans qu’on sache pourquoi, Sacha lui avait demandé de sortir de sa vie. L’autostoppeur a à peine changé, il a juste un peu vieilli. Il vit de bric et de broc, de bricolage par çi-par là. Mais surtout, il semble ne pas pouvoir ou vouloir se fixer. Il lui faut partir, en auto-stop justement, pour de longues randonnées à travers la France. Il y fait de belles rencontres, avec des personnes de tous âges et de toutes conditions sociales.

L’autostoppeur vit avec Marie, qui travaille comme traductrice indépendante de livres de littérature italienne. Il y a aussi Agustin (bien Agustin et non Augustin), leur fils, enfant vivant, intelligent, tout en subtilité, qui devine le monde des adultes sans rien laisser paraître.

Absences

Avec les absences de plus en plus fréquentes de l’autostoppeur, Sacha va peu à peu s’intégrer à la famille… L’autostoppeur parti "par les routes", à la découverte de telle ou telle région. Parti sur la route, un peu comme le titre du livre de l’Américain Jack Kérouac. Il envoie des cartes postales à sa famille et à son ami, qui voyagent ainsi avec lui à distance.

Mais chez l’autostoppeur, cette vie est aussi une fuite. Une manière, peut-être, de ne pas voir le temps qui passe. Il s’éloigne ainsi de sa compagne et de son enfant, ce dont il a tout à fait conscience...

On n’en racontera pas plus, et encore moins la fin très inattendue. Il faut lire le roman ! Par les routes est un beau livre, un peu impressionniste, tout en fluidité. Comme son écriture, simple, sans fioritures. Légère. C’est un livre d’atmosphères, de sentiments. Comme quand Marie explique à Agustin que son père ne reviendra pas. "Ils sont restés tous les deux dans le jardin. Agustin frappant dans le ballon pendant que Marie parlait. Frappant toujours plus fort à mesure qu’il comprenait. Posant des questions dont ne me parvenaient que des bribes. Et moi est-ce que j’irai le voir. Et moi j’habiterai où. Puis se murant dans le silence. Ne disant plus rien. Refusant de montrer le moindre signe d’émotion."

Les mots jouent dans le livre un rôle essentiel. Ceux des traductions littéraires de Marie, des cartes postales de l’autostoppeur. Il y a aussi les mots de la musique et de la poésie. Comme ceux de la chanson de Léonard Cohen, Famous Blue Raincoat. Où Sylvain Prudhomme montre comment une chanson, en apparence simple, colle magnifiquement à la vie.

https://www.youtube.com/watch?v=9_2ELMXTkxw

https://www.youtube.com/watch?v=TsA5NS0pT58 

https://www.youtube.com/watch?v=2n_CfTz7hM8 

jeudi 18 août 2022

La puissance des ombres Sylvie Germain

 

 La puissance des ombres par Germain

 

Etant une inconditionnelle de Sylvie Germain, j'ai été ravie de pouvoir emprunter son dernier roman La puissance des ombres à la bibliothèque.
Mais je n'ai pas retrouvé dans ce nouveau roman ce que j'appréciais chez l'auteur : une langue riche, un style poétique, un univers assez onirique.
Et sans doute ne suis-je pas un cas isolé puisque ce roman n'obtient que 3 étoiles sur 5 sur le célèbre site Babelio.
J'ai d'ailleurs failli abandonner dès le premier chapitre : un couple de bobos parisiens fête les 20 ans de leur rencontre lors d'une soirée costumée, sur le thème des stations de métro (ils se sont rencontrés à la station St Paul). Ce premier chapitre est dédié à l'accueil des invités et à reconnaître qui se cache derrière les déguisements; la maîtresse de maison étant déguisée en Zazie dans le métro en emprunte le  même type de langage mais ce que j'avais apprécié chez Raymond Queneau sonne faux sous la plume de Sylvie Germain.

Soirée qui se finit mal puisqu'un invité chute du cinquième étage ...
Après cette tragédie, nouveau drame lorsqu'un autre invité fait une chute mortelle dans une rue-escalier de Paris ...
Deux morts suspectes; la peur s'installe parmi les convives de la soirée.

Après le premier chapitre, SG revient à un style plus classique ce qui pour moi est un point positif.
Pas de mystère pour le lecteur : on sait très vite que ces accidents n'en sont pas et qui est le coupable.
La suite du roman est consacrée à creuser la personnalité, les motivations etc de l'assassin et là, on plonge dans la noirceur absolue : il est des destinées terribles dès l'enfance.
Peu de lueurs dans cet univers que j'ai trouvé glauque : à peine la tendresse pour Hibouchat (qui d'ailleurs finira mal aussi ...) et à la dernière page, un chant d'espoir.

Bref, après avoir lu une critique élogieuse dans un quotidien, j'attendais autre chose.
Je me suis obligée à continuer en espérant retrouver le même élan que dans Le vent reprend ses tours que j'avais beaucoup aimé ... Mais en vain.


Bénédicte


 https://www.dailymotion.com/video/x8c6csq

https://inout-cotedazur.com/2022/05/07/sylvie-germain-la-puissance-des-ombres/ 

https://www.youtube.com/watch?v=yEpXi9C5q5g 

 

samedi 13 août 2022

Histoire de La Mecque Ziauddin Sardar

 Une histoire de La Mecque : De la naissance d'Abraham au XXIe siècle par Sardar
 

Ziauddin Sardar, né au Pakistan, est , un des intellectuels musulmans les mieux connus dans le monde.
 Ce livre retrace l'histoire de La Mecque, ville ou Mahomet est né et un lieu de pèlerinage qui draine près de 3 millions de croyants de nos jours. De la Kaaba (bâtie vers 1 700 av JC par Abraham et son fils Ismael ) il raconte la vie de Mahomet, l'autorité religieuse de ses descendants, les caravanes de chameaux et leurs précieux présents ( régulièrement pillés) la riche cité commerçante, ses étudiants, ses femmes fardées, ses esclaves ( jusqu'au début du 20ème siècle) les intrigues, les luttes de pouvoir ( sunnites et chiites) les batailles sanglantes ( jusqu'en 1975, 1980 etc...) la domination ottomane, l'émergence du wahhabisme ( islam très très conservateur...) la volonté des Saoud ( au pouvoir depuis 1932...) 
Bref une histoire passionnante voire explosive..... La Mecque n' a pas dit son dernier mot , me semble t- il. Et une réflexion ; pourquoi se battre , même se tuer pour une religion ? A réfléchir puis à débattre ...dans le calme et le respect... 
 Jean Claude.

lundi 8 août 2022

Mère disparue Joyce Carol Oates

 

 Mère disparue par Oates

 



Une relation somme toute assez banale entre Nikky et sa soeur, deux jeunes femmes adultes aux vies bien différentes. Jusqu'au jour où leur mère meurt, victime d'un crime crapuleux.
À partir de là, tout semble basculer. Nous suivons ce chamboulement à travers les yeux, le coeur, les pensées, les actes de Nikky, narratrice de ce beau texte qui met en lumière le lien sororal autant que le lien maternel tragiquement mis à mal.

Sylviane
 

Un zèbre sur le divan Hélène Vecchiali


 Un zèbre sur le divan par Vecchiali



Pourquoi certains surdoués sont-ils malheureux ?

Surdoués ne veut pas dire plus intelligents que d'autres mais qu'ils comprennent certains domaines plus rapidement que d'autres et ...s'ennuient à l'école, en famille, en relation etc..

Dans ce récit l'auteure pointe les ressources que ces " surdoués" puisent pour faire face à leur mal-être, à leur haute sensibilité et trouver une sorte d'équilibre...souvent précaire que nécessite parfois l'accompagnement d'un " tiers". 

En faisant appel à Camus, Brel ,Antigone, Ulysse Cassandre....et à beaucoup d'humour Hélène Vecchiani nous permet de comprendre le désir, la rage narcissique ( ah le Moi ... " Puisque je ne peux m'appuyer sur personne, il faut donc que je me sois tout moi"  définition parfaite du narcissisme), le perfectionnisme mais aussi le recours à la sublimation.

On peut retenir la citation de Freud " L'ombre de l'objet est tombée sur moi" pour expliquer la mélancolie.

ou , " Personne ne soigne personne dans une relation affective"

ou , "Tout problème comporte au moins une solution, la mort n'a pas de solution, la mort n'est pas un problème"

et encore....le sapiosexuel est celui ou celle  attiré(e) par la toute intelligence de l'autre....

Mais peut-être aurez vous envie d'en connaître plus en lisant ce livre...?

Jean Claude.

 https://www.youtube.com/watch?v=LGh-dWu2W9E

https://www.youtube.com/watch?v=k0LVgU0JHIs 

https://www.youtube.com/watch?v=yDOLKbccFPs 

https://www.youtube.com/watch?v=VQD0NyEcem4 

https://www.youtube.com/watch?v=x3jFpBdD5nk 

 

dimanche 7 août 2022

Tout le bleu du ciel Mélissa da Costa

 

 

Après ,le Roman abominable lu précédemment......je suis passé à un roman "fleur bleue".....tout le bleu du ciel de Mélissa da Costa.....que je ne connaissais pas non plus !!!!!....." Un jeune homme de 26 ans condamné par un Alzheimer précoce... souhaite s'évader pour un voyage ultime.....en camping car....et cherche un une compagnon de route...... Joanne se présente....elle est aussi " abîmée " moralement que lui........... etc....etc ... c'est beau ,c'est triste........
 
Monique

Marie Christine 11-5-2019 (est sur le site Au fil des mots-Assoweb)

Je viens de finir le livre de Melissa da Costa "Tout le bleu du ciel" ( 650 pages, mais on les dévore !!) et j'ai passé un moment extraordinaire  que je voulais partager avec vous. C'est le premier roman d'une jeune auteur de 28 ans.

Atteint d’un Alzheimer précoce qui lui laisse peu de temps à vivre, Emile, 26 ans , refuse tout soin, achète un camping car et recrute par  Internet , un compagnon de route pour "un dernier périple".  Ce sera Joanne, qui fuit  un passé douloureux que l’on découvrira en cours de route.

Ce road movie entraine nos personnages dans les Pyrénées, j'y ai retrouvé des endroits que je connaissais, puis sur les côtes du Languedoc.

L’évolution des liens entre ces deux solitaires d’abord distants est décrite avec finesse, tout comme leurs nombreuses et belles rencontres.

L'écriture est fluide, agréable à lire; les lieux sont très bien décrits et les personnages sont attachants, décrits avec justesse, chacun avec ses souvenirs, chacun avec ses soucis, chacun avec ses douleurs...

La façon dont ils gèrent la période ultime de la vie d'Emile nous amène à une réflexion personnelle sur notre vie, sur la façon dont nous agissons et pourrions agir.
Un beau livre à lire et à méditer, qui fait du bien !!!
 
Lien vers une interview de l'auteur.
 
et une émission la concernant :

mercredi 3 août 2022

Comment j'ai raté mes vacances Geaoff Nicholson

 Comment j'ai raté mes vacances par Nicholson

 

Notre libraire, m'avait conseillé.." comment j'ai raté mes vacances" de Geaoff Nicholson....je m'attendais un livre léger et drôle.... parfait e n cette période estivale...... raté !!!c'est un roman grotesque, vulgaire burlesque insipide.  Une vraie folie.....et pour cause....quand vous arrivez à l'épilogue.....le héros est en institué  psychiatrique....et raconte ses rêves.........la libraire s'est beaucoup amusée avec ce livre......PAS MOI...

Monique

mardi 2 août 2022

Le Tibet profané Barbara Demick

 

 

 Le Tibet profané par Demick

 


Barbara Demick, ancienne correspondante du Los Angeles Times à Séoul puis à Pékin a pu se rendre à plusieurs reprise dans la province du Tibet.

Occupé et géré d'une main de fer par la Chine depuis les années 1950 le Tibet demeure encore une terre " interdite".

C'est à Ngaba, ville de la province de Sichuan, perchée à plus de 3 000 m que Barbara Demick a interviewé des Tibétains. 

Une jeune nomade, une lycéenne, un poète et intellectuel prêt à tout pour faire entendre la voix de la résistance, une princesse dont la famille a été décimée durant la Révolution culturelle, exilée à Dharamsala, comme le dalaï-lama que Barbara a rencontré.

Comment protéger sa culture, sa langue et sa spiritualité ( surtout) des ravages d'une superpuissance que rien ne semble pouvoir arrêter?

Les spécialistes de la Chine évoquent souvent le marché tacite que le Parti Communiste aurait passé avec la population chinoise : la prospérité en échange de l'acceptation d'un Etat dirigé par un parti unique.

Le PCC a tenté la même stratégie avec les Tibétains ; certains sont satisfaits mais pas tous.

Pour les Tibétains ( dito pour les citoyens chinois ?) , aucune liberté de se déplacer librement à l'intérieur de leur pays. Le droit d'obtenir un passeport. le droit d'envoyer leurs enfants étudier à l'étranger. Le droit de voyager eux-mêmes à l'étranger.Le droit d''étudier leur propre langue. Le droit d'afficher une photo de leur chef spirituel.

Beaucoup disent " J'ai tout ce dont je pourrais jamais rêver dans la vie, sauf la liberté".

Ce livre " oral" est intéressant à parcourir après les moments "imposés" de confinement que nous venons de vivre où la Liberté fut mise entre parenthèses et où l'infantilisation fut le " mantra" de l'élite " sachant" qui rêverait de  nous diriger à l'exemple d'un Parti communiste Chinois tout dictatorial .

Jean Claude.

 


 

La saga de Youza - Youozas Baltouchis

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