
Jean Claude
https://www.youtube.com/watch?v=TVQy74X9ZoY

https://www.youtube.com/watch?v=TVQy74X9ZoY

Le titre n'est pas idéal...
Mais j'ai trouvé ce livre très intéressant. Il présente ce
qu'apporte la religion autant au niveau de l'individu que de la
collectivité, ses bienfaits et ses limites, les excès qu'elle
peut présenter. Ce que l'on y recherche, comment on est amené à
être croyant ou non croyant etc.
C'est une étude assez complète, sans jugement d'un côté comme de
l'autre.
L'auteur est athée mais il ne dénigre jamais les croyances des
uns ou des autres.
Sylviane
Article de La Croix :
Bien connu pour ses travaux sur la résilience, Boris Cyrulnik est une figure attachante du paysage des sciences humaines. Sans doute parce qu’en introduisant ce thème en France, au tournant du siècle, il a su parler au meilleur de nous-mêmes. Il a étayé, consolidé, encouragé, une espérance intime et sociale profonde, celle de croire que nous sommes capables de traverser le malheur. Dans une époque lourde en déterminismes et en tragédies, le propos fut, à juste titre, remarqué.
Que Boris Cyrulnik s’intéresse aujourd’hui à la question de Dieu peut sembler inattendu. Son travail autour de la résilience lui avait pourtant déjà fait traverser de nombreux thèmes traditionnellement pris en charge par la religion : le mal, l’épreuve, la souffrance, l’espérance… Son ouvrage Psychothérapie de Dieu s’inscrit donc dans le déploiement d’une pensée, même s’il s’attaque pour la première fois de front à cette immense question.
« Qu’est-ce qui, dans l’âme humaine, tisse l’attachement à Dieu ? » Qu’un auteur comme Boris Cyrulnik mette un coup de projecteur sur la vie croyante commune, courante, presque banale, n’est pas négligeable. Car la face « ordinaire » de la religion est aujourd’hui largement cachée par les convulsions des fanatismes religieux que l’actualité ne cesse de rappeler. « Peut-on ignorer qu’aujourd’hui 7 milliards d’êtres humains s’adressent à Lui tous les jours, ressentent sa proximité affective, craignent son jugement et prennent rendez-vous dans de magnifiques lieux de prière qu’on appelle églises, mosquées, synagogues et temples divers ? » questionne l’auteur en introduction. Il répond par la négative et se propose de « mener l’enquête ».
Boris Cyrulnik considère que les théories de l’attachement offrent « l’outil le plus efficace et le plus cohérent pour penser ce mystère ». Derrière cette expression savante, le propos est simple : « On aime Dieu comme on aime les hommes, pose-t-il. Ceux qui ont acquis un attachement rigide se soumettront à un Dieu totalitaire, alors que ceux qui bénéficient d’un attachement sécure se sentiront suffisamment en confiance avec leur Dieu pour tolérer que d’autres en aiment un autre que lui. »
La thèse est efficace, pour une part pertinente, mais elle ne fait guère droit à la diversité du rapport à Dieu. Elle oublie les questionnements, les revirements, les retournements que peut provoquer le rapport à Dieu dans une existence, remous divers dont témoigne toute la littérature spirituelle (singulièrement absente de l’ouvrage).
Boris Cyrulnik a certes de l’empathie pour son sujet, mais on se surprend à lire sous sa plume des propos d’un étonnant simplisme, d’un niveau de généralité irrecevable. Il n’évite pas des propos de comptoir sur les religions (sur la différence entre athées et religieux, entre religion et spiritualité, sur la place de la croyance dans le deuil), tout en affichant une ambition de scientificité (pourcentages, expériences recours aux neurosciences…) trop facile pour être convaincante.
Pour penser Dieu et la croyance, nulle route n’est interdite. On peut croire que biologiser l’âme lui fait rendre ses secrets. Les croyants n’ont pas à s’en effaroucher. Certains se satisferont peut-être que la religion soit reconnue par Boris Cyrulnik comme « un précieux facteur de résilience ». On attendait pourtant une autre hauteur de vue. Que l’auteur nous fasse faire un pas de plus dans la longue histoire, ici ignorée, des rapports entre psychologie et spiritualité. Ce sera peut-être pour une autre foi(s)…
https://www.youtube.com/watch?v=eAmXtvNjUjQ

Je vous propose un roman noir de cet écrivain , journaliste, scénariste, né à La Havane en 1955, auteur d’une série policière autour de l’ex – inspecteur Mario Conde.
La Havane été 2003. L’ex- inspecteur Mario Conde survit à sa jeunesse flouée des années 70 en achetant et revendant à de riches étrangers des livres anciens. Beaucoup de gens se séparent en effet (entr’autres) de leurs livres pour pouvoir manger et dans une maison de maitre Conde a la bonne fortune de tomber sur une grande bibliothèque de livres rares, à l’abri depuis 50 ans des soubresauts de la révolution.
Tandis qu’il exulte de pouvoir s’attendre à pourvoir à ses besoins et à ceux de ses amis de toujours, la page d’une ancienne revue arrive entre ses mains , découverte dans l’un des volumes.Elle montre la photo de Violeta del Rio, chanteuse de bolero des années 50 annonçant qu’elle abandonne la chanson. La beauté et le mystère de celle que l’on sur- nommait alors « La Reine de la Nuit » obsèdent le Conde.Il se lance alors à corps perdu et comptant sur une certaine « intuition », dans une enquête qui l’emmène, implacable, dans les brumes d’un passé indélébile, et dangereusement, dans les bas – fonds d’un Cuba exangue, où la faim régit la vie des habitants, les pousse à tremper dans toutes sortes de trafics.
Découverts au gré des incursions dans divers milieux de cette pègre moderne, les rapports entre la famille d’Alcides Montès de Oca dont les enfants vendent malgré eux le trésor de livres , et la mystérieuse Violeta, révèleront bien sûr des compromissions d’autrefois entre miséreux et riches, cruels bénéficiaires de leur soutient à Batista.
La vérité se fait jour, avec moins d’importance peut-être, que la vision magistrale de Cuba brossée par Padura.
Certes, ce roman exalte l’amour des livres, l’amour de la culture, de la musique , de la poésie du bolero, la force de l’amitié dans le petit groupe des fidèles du héros, mais surtout il conjure , avec une grande pitié , la perte par épuisement de cette île , des mythiques qualités.
L’ambiance de cette histoire, son côté historique et social, son écriture prenante , m’ont révélé un auteur à retrouver ! (Collection Points)
Marie Thérèse
https://www.youtube.com/watch?v=7AiZjizzzvg

Roman que j'ai lu et aimé....avec énormément d'originalité....un nouvel auteur....qui promet !!
Monique
https://www.youtube.com/watch?v=MtCA45UtJqk

Nantas Nouvelle écrite par Emile Zola en 1884 dont toute l'histoire est bâtie sur la différence du statut social .
Nantas est d'une extrême pauvreté, alors qu'il marche dans la rue, il est éclaboussé, des vêtements élimés, sa tenue met l'accent sur sa misère, dans cet accoutrement il cherche désespérément du travail mais sans succès. Pourtant, il manifeste une volonté farouche, il prétend que par la force il soulèverait des montagnes, ses amis n'interprètent ce terme qu'au sens physique, d'où leur attitude ironique.
Un Jour une inconnue, se présente dans sa mansarde, elle vante ses mérites, au cours de la conversation, elle lui demande, qu'est qu'il penserait d'un mariage, vu son côté désargenté il affirme que personne ne voudrait de lui, cette proposition , puis dans un premier temps blesse son orgueil, puis il se ravise et accepte le contrat. Mademoiselle Chuin feint de ne vouloir aucune commission, mais il n'en est rien . Le lendemain Nantas à une entrevue avec le Baron Danvilliers ce dernier lui adresse des remontrances, ce dernier endosse la faute morale, sans rien répliquer. Nantas perçoit sur le contrat une avance. Dès qu'il sort de l'entrevue, Flavie exprime ses conditions, pour valider l'engagement. Dans l'intervalle Nantas, poursuit une carrière politique, d'abord Député, puis par la suite il vise le poste de Ministre des Finances, le voici en pleine ascension, mais de plus en plus son cœur s'attache à Flavie, mais pour masquer cette évidence, il avance le motif de sa réputation, il en informe le Baron Danvilliers. Il sermonne sa fille, mais comme il se fait insistant, elle lui dévoile toute la vérité, non sans rappeler à Nantas qu'il n'a pas respecté les termes du contrat. Chacun est dans la plus grande déconvenue face à la situation. Nantas poursuit son ascension, mais il n'a plus goût à rien. Son but est de posséder Flavie, il pense à se suicider. Pour mettre fin à l'idylle entre les deux amants il soudoie Mademoiselle Suif, Flavie lui interdit l'accès à son appartement,mais il s'impose, alors que Flavie lui affirme que ses soupçons sont injustifiés tout à coup elle découvre son amant dans son lit. Flavie est dans la confusion, Nantas se retire, il va dans son ancienne mansarde, pour se remémorer le passé et faire le bilan de sa vie, résolu à mettre fin à ses jours.Il met en ordre les affaires en cours, revient dans ses appartements privés, prend le revolver dans le tiroir du bureau, mais ayant omis de fermer la porte à clé Flavie le surveille non loin de là elle rentre promptement dans le bureau il brise sa carapace orgueilleuse , elle lui déclare son amour.
Michel
https://www.youtube.com/watch?v=GNt4U41e0iI

Si,vous aimez les romans noirs et palpitant....lisez "Ces orages là" de Sandrine Collette.....une des reine des polars , actuellement.... même ,si, j'ai préféré
Monique
https://www.franceinter.fr/emissions/boomerang/boomerang-06-janvier-2021


C'est un livre positif. Il raconte la vie de Marco Carrera et donc de ceux qui l'entourent. Vie familiale, vie sociale, vie intérieure. C'est intéressant mais complexe. Il m’a demandé un effort de concentration, parfois de relire un peu en arrière pour bien structurer les divers personnages. C’est bien écrit. Un livre qui sort de l’ordinaire.
Nicole
https://www.franceinter.fr/emissions/boomerang/boomerang-14-janvier-2021
https://www.youtube.com/watch?v=IwB6LfgvShs
https://www.mollat.com/videos/sandro-veronesi-le-colibri?cache=true

C'est son autobiographie qu'il fait, donc même si suis déçue que les rares petites astuces culinaires qu'il révèle soient trop sommaires, on peut penser que ce n'était pas le sujet du livre.
Mais ce qui me déçoit c'est qu'il parle de sa grande sensibilité, à la lecture de ce livre, je ne l'ai vraiment pas ressentie. D'autre part je n'ai pas aimé ses critiques sur sa famille qui semblent dites pour se faire 'mousser' = regardez, malgré cela où je suis arrivé ! or par exemple, si son frère l'étouffait, était néfaste pour lui, pourquoi avoir travaillé avec lui ? Il pouvait prendre un autre chemin. On comprend bien qu'il en a tiré les bénéfices mais il m’a semblé trop imbu de sa personne pour être franc.
Nicole.
Philippe Conticini est reconnu comme l'un des meilleurs pâtissiers du monde
Dès son plus jeune âge Philippe est souvent seul dans l'appartement où il joue au petit chimiste du goût et commence à mélanger les saveurs. Dans la lignée de ses parents il ouvre avec son frère La Table d'Anvers.C'est en goûtant sa version de la côte de cochon de lait que Philippe voit sa vie s'ouvrir....
Il remet en question toute sa pratique de la pâtisserie et n'aura de cesse de chercher à provoquer de gros câlins dans ses desserts.
Comment cet être d'une sensibilité rare s'est-il construit? Dans ce récit où apparaît le fil de sa vie, Philippe Conticini explique son voyage initiatique vers le goût.
C'est savoureux, émouvant et on s'en "lécherait" presque les babines.... hum....
Jean Claude
https://www.franceculture.fr/emissions/les-bonnes-choses/philippe-conticini

J'ai aimé '' une rose seule"... roman dépaysant.... Monique
Suite au décès de son père qu'elle n'a jamais vu, Rose est convoquée pour le testament, par un notaire au Japon où il résidait. Il avait tout prévu pour plusieurs jours afin que Paul, son assistant lui fasse découvrir un peu du japon et il lui avait laissé une lettre.
Je suis très déçue par ce livre, pour moi c'est un roman à l'eau de rose, c'est le moment de le dire! le récit est facile, attendu, aucune originalité, les fleurs, les clichés du Japon. Mais ici la poésie n'est pas naturelle.
Rose n'est pas attachante, les autres personnages sont à peine décrit ou mal. La promenade spirituelle est insipide.
Pourtant j'ai lu d'autres livres poétiques sur le Japon qui m'ont bien plu et d’autres livre de Murielle Barbery comme ‘l’Elégance du Hérisson’ que je trouve excellent.
Peut-être que si les motivations du père avaient fait partie du livre, cela lui aurait donné un intérêt.
Nicole


J'ai terminé ce livre il y a quelques jours et je commence déjà
à ne plus bien m'en souvenir mais je vais essayer de vous dire
mes impressions. Tout d'abord, s'il s'agit de contes, ce ne sont
pas des contes pour enfants. J'appellerais plutôt ça des
nouvelles bien que certains événements relèvent parfois du
fantastique, de l'irréel. À part ces quelques " anomalies " on
trouve dans ces histoires très prenantes ce qui compose nos
existences, amour, amitié, détresse, espoir, cruauté... La
dernière se passe dans une maison de retraite, elle est
particulièrement dramatique et elle fait un peu peur.
J'ai bien aimé ce livre parce que je ne me suis pas ennuyée,
chaque histoire est étonnante, une seule ne m'a pas plu du tout.
Sylviane
https://www.youtube.com/watch?v=Hth-7y76rSk

Émile Zola est né en 1840 à Aix en Provence ,il meurt asphyxié dans son appartement à Paris, chef de file du naturalisme au contact du Professeur Claude Bernard, dans le Roman expérimental il soulève la question de l'hérédité et du déterminisme . Voici quelques-unes de ses œuvres : Les Rougon-Macquart, Germinal, Thérèse Raquin,Aux bonheur des Dames, la bête humaine.
Dans la nouvelle le capitaine Burle le récit se déroule dans la localité de Vauchand. Le petit Charles est orphelin de mère, il est élevé par sa grand-mère, il reçoit une stricte éducation. La grand -mère nourrit le rêve, que le petit fils s'engage dans l'armée, pour prolonger la lignée familiale, sur le plan professionnel.
Depuis le décès de sa femme, le Capitaine Burle mène une vie de volupté et d'alcoolique, il s'est épris de Mélanie qui tient un café, et n'a d’autres projets que de soutirer de l'argent au Capitaine dans l'espoir dans l'avenir d'avoir une autonomie financière. S'il l'on met le projecteur par comparaison, pour ce qui touche au problème de l'alcoolisme entre Burle et Gervaise on constate que le Capitaine s'est avachi dans sa passion et la paresse alors que Gervaise jusqu'au bout a montré son énergie puis elle était vaillante. De plus, Gervaise sombrait dans la misère, alors que le capitaine avait un autre statut social, si même il ne gagnait pas des cent et des mille.
Burle est ami avec un major, car Burle se livre à une adjudication il est en cheville avec un boucher, ce qui va brouiller par la suite définitivement leur amitié . En mettant le nez dans les comptes, le Major se rend compte de la malversation, le voici indirectement impliqué. Le major trouve un compromis couvre le faux en écriture, et couvre la dette. Quelque temps plus tard Burle récidive, là le Major Burle récidive provoque le Major en duel et le tue. Quant à Charles, il meurt de la typhoïde, une si stricte éducation pour une fin aussi triste, et au bout du compte un espoir déçu pour la grand-mère.
PS : Le Major était un addictif du jeu, mais on peut se demander à bon droit s'il n'a pas provoqué Burle en dehors de la stricte réputation pour couvrir une ou des dettes de jeux en prison plus de poursuite
| Michel |
Si vous souhaitez lire cette nouvelle :
https://fr.wikisource.org/wiki/Le_Capitaine_Burle_(Recueil)/Le_Capitaine_Burle


Près de 700 pages...ce gros roman noir...mais si beau....." Histoires de la nuit" de Laurent Mauvinier.....bien construite cette histoire...vous tient en haleine, jusqu'au bout....il faudrait,quelques pages de plus.....pour savoir... comment et dans quel état se retrouvent les personnages principaux....Marion Ida Patrice et Christine....je ne vous en dirais pas plus....lisez le...vous ne serez pas déçus....
Monique
https://www.youtube.com/watch?v=taUuML-_Ouo
https://www.youtube.com/watch?v=ESGKs1c8kO8
https://www.youtube.com/watch?v=QZStskMOJTc
La Croix 30-9-2020
Ce soir, on va fêter les 40 ans de Marion, l’épouse de Bergogne. Ce paysan longtemps solitaire, tendre et généreux, qui souffre de ses origines, de son physique, de son horizon limité, n’en revient pas d’avoir épousé tardivement cette femme belle et mystérieuse, au passé flou. Leur fille Ida, 10 ans, s’active. Même Christine, la voisine, en dépit de sa méfiance instinctive à l’égard de Marion, est mise à contribution. Depuis quelque temps, cette artiste sur le retour, qui intrigue, reçoit des lettres de menaces, sans en comprendre la cause, ni l’origine.
Ce jour-là, Marion, qui travaille dans une imprimerie, s’apprête à affronter sa direction qui lui reproche à tort une faute. Elle compte en profiter pour river son clou à son chef direct qui la harcèle et la reluque. Pendant ce temps, son mari, qui a recours à des amours tarifées, rentre au logis pour peaufiner les derniers détails de la grande soirée. Sauf que le comité d’accueil a changé. Deux types l’attendent. Un troisième va les rejoindre. Ce n’est que le hors-d’œuvre, une redoutable mise en bouche…
Avant d’entrer dans le vif du sujet, Laurent Mauvignier qui, pour la première fois, se lance dans un ample polar social et psychologique, cisèle de subtiles descriptions en clair-obscur de ces vies d’humiliations ravalées, de rejet, de blessures secrètes, d’ennui conjugal, de mésalliances qui ne s’avouent pas, de gestes malhabiles et d’attentions maladroites pour témoigner d’un fond d’affection. Il brosse aussi un tableau de la désaffection rurale, de l’abandon et de l’oubli où, peu à peu, sans bruit, tout s’éteint et disparaît. De ces coins perdus où même les noms jadis si évocateurs des hameaux ne disent plus rien à personne.
Mais ce qui domine et fascine, c’est le travail littéraire, la mise en place d’une mécanique en forme de machine infernale, qui monte crescendo et ne cesse, page après page, de surprendre, d’étonner, de fasciner. Ses phrases longues et lentes créent une tension obsédante sans échappatoire. Le rythme sinueux de ce style, aux multiples divagations, aux incessantes incertitudes, qui semble avancer à tâtons dans l’insaisissable, fonctionne en spirale pour mieux s’enfoncer dans le fracas d’un passé trop longtemps caché qui vient exploser à la figure des protagonistes.
Sur fond d’amertume et de désillusions, le romancier allonge les scènes de ce huis clos terrifiant, en usant de différentes vitesses, en changeant de focales selon les moments et les personnages, prisonniers du surgissement de la violence dans leur vie quotidienne. Les otages, de la sidération à l’incompréhension, de la stupeur à la terreur, grappillent des bribes de vérité et entrevoient ce qui leur échappait jusque-là. Marion doit affronter ce qu’elle avait enfoui et le regard vacillant de ses proches.
La façon dont Laurent Mauvignier décrit la propagation intime et la progression de ces ondes de choc est sensationnelle. L’action se resserre et l’abîme s’élargit entre les personnages. Entre ceux, sans pitié, qui mènent la danse de cette dramatique prise d’otages et ceux, apeurés, tétanisés, qui cherchent par quels moyens sauver leur peau, s’insinue l’enfant, Ida, plongée dans la cruauté des adultes, exposée au feu des révélations dévastatrices.
Laurent Mauvignier distille d’infimes détails, décisifs, les parsème au milieu de ses phrases étirées. Son art du rebondissement, de l’inattendu, de la multiplication des énigmes, sur fond d’effroi, est captivant. Ce suspense tient sur plus de 600 pages et comme tous les bons livres, ce n’est pas vous qui n’arrivez pas à le lâcher, c’est lui qui ne vous lâche plus. Face à une réussite romanesque aussi éclatante, aussi maîtrisée, on se demande pourquoi les Goncourt persistent à le tenir à l’écart de leur sélection.

https://www.youtube.com/watch?v=RkIN0jhBCts

Une amie, fervente lectrice d’Hervé Bazin , m’avait vanté ce livre, que le hasard met dans mes mains : Le volume, un peu vieux (belle couverture, cependant, chez Points-Seuil), sort d’une boîte aux livres . Hervé Bazin y conte , en 1970 , les conséquences de l’éruption volcanique qui en 1961 contraignit à l’émigration toute la population de Tristan da Cunha, île de l’Atlantique Sud, territoire britannique de Sainte Hélène.
Les premières secousses se produisent le 6 aoùt1961 dans cette île plantée au bout de la dorsale atlantique et fille, de surcroît d’un volcan éteint.Elle héberge les descendants de William Gladd, capitaine d’artillerie posté là en 1815 avec 87 hommes , pour empêcher l’île de servir de base à une éventuelle tentative de délivrer Napoléon exilé à Sainte –Hélène. Obtenant l’autorisation de s’y maintenir avec sa femmes et quatre ou cinq hommes , Gladd fonda avec eux une colonie chrétienne égalitaire dont la constitution tient en cette phrase : « Nul ne s’élèvera ici au-dessus de quiconque ».
De grondements en secousses , puis en crevasse béante, le volcan s’est réveillé .Fuyant leurs champs condamnés par l’émergence d’un cratère secondaire, les habitants ont fait leurs paquets, ils campent par une nuit où s’approche l’apocalypse. La nouvelle de l’éruption se répand dans le monde, un chalutier se déroute pour les recueillir. C’est fini.Toute la communauté est sauve, ses biens abandonnés : maisons, bétail, animaux familiers, la conserverie détruite.
Toute l’Angleterre inquiète s’est mobilisée pour que l’arrivée à Southampton du paquebot hollandais parti du Cap soit le début d’un séjour où tout sera prévu pour que les réfugiés ne manquent de rien.
Cette petite communauté insulaire se retrouve donc projetée sans transition du Moyen –Age au XXe siècle et deux années se passent dans le pays qui l’ accueille, et où tout est généreusement mis à sa disposition. Le choc culturel est total ,et malgré l’intelligence avec laquelle les accueilleurs et les accueillis font face aux difficultés d’adaptation, les Tristanais se décideront à repartir sur leur île .
Ce choix nous est expliqué avec beaucoup de finesse dans la seconde partie du récit où l’auteur relate les raisons, les conséquences, la difficile reprise de ces bienheureux. Choisir l’isolement et le dénuement plutôt que le confort du monde moderne ? Le débat illustré par ce (véridique) conte philosophique est loin d’être clos.
Marie Thérèse
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Il s'agit du 17 mars 2020 jour du début du confinement. Lucas se fait renverser par une voiture alors qu'il attendait de savoir comment quelqu'un qui vit dans la rue pourra être confiné!
Quand il reprend connaissance il s'aperçoit, bien qu'il ne l'ait pas revue depuis longtemps, que c'est une amie d'enfance qui l'a renversé. ....
Malgré le sujet, c'est un livre original, amusant, intéressant, positif. Il nous montre la nécessité vitale de repenser notre façon d'être et de vivre.
Il met le doigt où cela fait mal pour nous réveiller et qu'on tire les leçons et que l'on agisse. S'il ne fallait retenir qu'une seule citation, je choisirai: ''Il fallait que la planète ferme pour que les coeurs s'ouvrent''
Il n'hésite pas à donner son avis, qu'on partage ou non. J'ai trouvé cela très courageux tant sur le traitement du Covid que sur la 5G.
Lorsqu'on referme le livre, il nous interroge encore.
Nicole

Je viens de terminer un livre prêté par une amie...."ce matin là" de Gaëlle Josse .....un descente en enfer du burn.out.......et la reconstruction de Clara l'héroïne de ce court roman......bien construit...autour de l'amitié...du retour aux sources..... avant...son envolée vers une autre vie..qui va rééquilibrer ....ce n'est pas un chef d'oeuvre ... mais c'est bien écrit,avec quelques clichés actuels....un bon moment de lecture....
Monique
https://www.youtube.com/watch?v=Qr1GbIlPqs8
https://www.youtube.com/watch?v=LHLP088lr3Q

Allmen, c’est-à-dire Johann Friedrich Von Allmen, est un lecteur invétéré : « Il avait rapidement constaté que lire était la manière la plus simple ,la plus efficace et la plus belle d’échapper à son environnement ».Or cette pratique est très souvent nécessaire à cet ancien milliardaire déchu au point de devoir occuper la maison du jardinier de son ancienne et somptueuse demeure.Comme il ne renonce pas , par contre, à une vie de grand seigneur, il est le plus souvent désargenté et c’est ce qui l’amène un beau jour à un vol de plus grande envergure que celle de ses habituels chapardages d’objets d’art.
Ce méfait constitue le sujet de ce premier volet de la série inaugurée en 2011 par Martin Suter.Au fil des péripéties autour de cinq coupes de Gallée au motif de libellules, se dessine le portrait de ce cambrioleur prêt à tout pour ne pas déchoir de la position de « comte » que lui attribuent les milieux fortunés.Personnage habitué à être servi, il héberge contre de multiples tâches Carlos , son majordome, un Guatemaltèque en situation irrégulière.Celui-ci le tire souvent de très mauvais pas.
Les Quatre Histoires policières burlesques dont fait partie ce roman existent chez Points.Elles renouvellent le genre et constitue de bons moments de détente !
Marie Thérèse


Un roman dont l’intérêt est de nous plonger un peu dans la survie de migrants, de comprendre les erreurs à leur encontre.
J’ai aimé que ce livre démonte quelques idées reçues dont il est souvent très difficile de se défaire, que ce soit sur eux comme sur d’autres sujets. Elle a su instiller un peu d’humour.
Cependant je trouve que ce n’est pas assez approfondi sur ce thème des migrants et de leur sort qui devrait être central. L’histoire de la vie familiale de cette femme partie avec ses enfants sur un gros paquebot de croisière pour oublier un peu un problème de couple montre certes le décalage avec ceux qui arrivent sans rien du tout et au péril de leur vie dans des pays inconnus qui n’ont pas du tout les mêmes manières de vivre et qui leur sont hostiles. Mais cela fait un peu ‘cliché’.
Nicole
https://www.youtube.com/watch?v=9YF2HacFTxY


Lors d'une réunion de famille, celui dont c'est l'anniversaire reçoit de la part de son frère, non sans arrière pensée, un jeu de société auquel il oblige un peu tout le monde à jouer et dont le but est de faire dévoiler ce qu'ils pensent les uns des autres.
On se doute de suite que dans n'importe quelle famille cela ferait plus ou moins de dégâts.
Au départ chacun des personnages est pris à part pour le décrire psychologiquement sur 150 courtes pages avec de nombreuses répétitions. On attend d'entrer dans le vif du sujet et on finit par avoir envie d'arrêter ces longues et fastidieuses présentations. J'ai traîné, cela devenait très lassant. J'ai abandonné et repris plus tard. J'ai vu que la suite se présentait plus sous forme de roman.
Mais nouvelle déception ce qui est dit dans les présentations est repris une nouvelle fois et j'ai trouvé que l'histoire de la grand-mère dont ils savent qu'elle est en train de mourir à l'étage pendant qu'ils jouent est vraiment mal venue. J'espérai que ce livre ouvrirait sur des questions, sur des profils psychologiques intéressants.... J'ai trouvé cela assez plat.
Nicole
https://www.dailymotion.com/video/x4yvmt

Dans notre Dame de Paris,on peut déceler une écriture architecturale, qui met au jour un historicisme,sur lequel vient se greffer divers styles. Chacun apporte son cachet. L'architecture romane, qui rappelle l'Antiquité et l'architecture gothique, s'élevant vers le ciel, avec ses vitraux.
C'est vrai qu'en lisant ce roman, on voit affleurer diverses contradictions la charité de Prolo, qui est sujette à caution, car s'il a un œil sur Quasimodo, lorsqu'il subit le châtiment pour avoir agressé Esméralda, Frollo ne fait preuve d'aucune empathie certainement ses sentiments sont pris en tenaille entre la charité et la notion du péché, dont Quasimodo est l'incarnation par sa monstruosité les handicapés à l'époque sont des parias, comme autrefois les lépreux , la misère noircie encore plus le tableau les faits sont démenties , ne pourrait-on pas dire qu'on est dans la mystification de l'amour, ce dernier se résumant au discours, l'état mental de Quasimodo n’est nullement pris en compte, on lui dénie sa qualité de sujet,certes la souffrance est mise en avant par l'église, pour monnayer le ciel,on assiste à une contradiction, néanmoins la souffrance, garde une visée de purgation pour , aboutir à l'ataraxie.
Des qu'arrive une nouvelle forme d'écriture par la diffusion du livre, par l'invention de l'imprimerie, l’église se sent menacée, de perdre son influence cette écriture architecturale avait des relents cabalistiques par laquelle elle détenait un pouvoir secret et supplémentaire, détenant déjà les rouages de l’enseignement mais à partir de ce moment là son pouvoir se fissure,car le livre touche toutes les classes sociales.
Quand l'enfant est enlevé , à la Maguette, par ce groupe de gitans elle devient folle, elle se mue dans le silence absolu lorsque ce groupe de femmes bourgeoises lui rend visite, les causes de l'effet post-traumatique se fait sentir, dés qu'elle entend la voix de l'enfant, elle sort de sa léthargie, mais ce n'est que pour-mieux retomber dans la sidération,dés que le nom d’Esméralda est prononcé elle le voue à toutes les malédictions, ce récit porte la trace de la superstition.
On peut retenir la dureté de Frollo vis à vis de Jéhu, qui regrette à son frère le moindre Parsis, (monnaie), certes il va le dépenser dans l'alcool alors qu'il mange des croûtes moisies, dissimulées dans sa cachette alors que Frollo parle avec maître Jacques. Les bourgeoises par la complicité de Frollo ont attiré la bohémienne,elles veulent satisfaire,leur curiosité elles demandent à Esméralda d'exécuter un tour de magie, dès lors elle est moquée, seul Phébus la sort de ce mauvais pas une complicité amoureuse se noue, mais qui pour l'instant n'est pas avouée, pourtant lors d'un tour de magie le nom de Phébus se dessine face à cette apparition, y aurait il un signe prémonitoire ?
Phébus dit à Folio qu'il a rendez vous avec une femme, qui n'est autre qu'Esméralda il se rend dans un endroit miteux et insalubre, mais il ne peut s’acquitter de la contribution financière, l'archidiacre s'en acquitte, il se dissimule dans une cachette de laquelle il ne peut être remarqué, quel n'est pas sa surprise, de constater que ce n'est autre qu'Esméralda ? Phébus est de plus en plus entreprenant vis à vis de la bohémienne, cette vision charnelle lui fait perdre la raison, sa préoccupation jusqu'à lors se limitait à la science et à la religion,mais là subitement tous ses sens s'éveillent, n'y tenant plus il poignarde Phoebus, Esmeralda est sidérée, à cet instant se joue précisément pour Frolo la dualité du corps et de l'esprit sur le pendant de la connaissance.
On assiste à une parodie de procès, elle a beau clamer son innocence,elle n'est pas entendue,pour donner corps au motif d'inculpation, on va l'accuser de sorcellerie, alors que dans d'autres temps, on s'amusait bien de ses tours de magie, elle prend le visage du bouc émissaire, on la force à des aveux sous la torture. Dès lors, elle est emprisonnée jusqu'à sa condamnation. On peut la considérer victime d'une erreur judiciaire, comme tant d'autres dans les récits littéraires, le pull -over rouge, l'affaire Ranucci , la ligne verte, les exemples sont pléthores. Dans le fait que chez la Maguette à qui un groupe de gitan a enlevé son enfant elle a un ressenti viscéral négatif vis à vis d''Esméralda, mais ce n'est que la suite logique du traumatisme.
Alors qu'elle est dans sa cellule elle est sidérée car elle reçoit la visite de Frollo qui s'apprête à une confession Il avoue son âpre lutte pour combattre le désir, mais pour Esméralda il reste un monstre, la Maguette voit la mort d’Esméralda comme un cycle infaillible puisque cette dernière a enlevé son enfant, le destin est tel un rouleau compresseur.
Phébus n'est pas mort il revient sur le devant de la assiègent scène, alors qu'il marche sur la place il est surpris par cette agitation, alors que pour lui la vie a repris son cours,au moment des faits sa femme est étonnée de son absence prolongée. Une bande de gitans veut sauver Esmeralda, ils assiègent la cathédrale, Quasimodo pensant qu'ils viennent enlever Esméralda, du haut de la tour, leur jette des brandons enflammés les assaillants tombent, Jéhu perd la vie aussi.
Esméralda est délivrée de la mutinerie, Gringoire est accompagné d'un sinistre personnage qui se mure dans le plus grand silence. Au moment où le poète se sépare, Esméralda reconnaît Frollo qui n'accepte de la sauver qu'à condition qu'elle se donne à lui, mais Esméralda préfère mourir. Dans l'intervalle, alors qu'il va chercher la garde royale, il l'a confie à la Sachette. Cette dernière, la reconnaît comme sa fille se rappelant de la prédiction de la bohémienne.Beaucoup d'effusions entre la mère et la fille. Lorsque la garde revient, la Sachette prétend qu'elle s'est échappée, alors que le stratagème est sur le point de marcher, Esméralda aperçoit Phébus et l'appelle le soldat qui est à quelques encablures,n'a rien perdu de la scène, Esméralda rentre précipitamment dans sa retraite, la Sachette tente de faire barrage mais en vain,de prime abord elle a un comportement de folle, ensuite elle s’amadoue les gardes sont pris d'un sentiment de pitié, ils doivent malgré tout exécuter les ordres, elles finissent sur le gibet.
Quant Quasimodo, il recherche éperdu Esméralda, de la tour, il constate qu'on dépend un corps, il comprend aussitôt qu'il s'agit d'Esméralda,et il verse des larmes pour la première fois. Inconsciemment on comprend la nature de cette alchimie,malgré qu'il soit empêché d'en exprimer tout le ressenti sur la matrice de l'amour il arrive à comprendre l'inimitié qui peut exister entre lui et Frollo instinctivement, dès lors il le pousse dans le vide, Frollo essaie de se récupérer mais en vain, Quasimodo s’assène des coups mortels, bien des années après on retrouve sa dépouille près d'Esméralda.
Est ce trop pousser le trait que de percevoir une rivalité sourde entre Quasimodo et Frollo pour Esméralda,ne peut-on pas augurer que lorsqu'il agresse Esmeralda, c'est une sourde vengeance de la part de Frollo de faire prévaloir le motif de justice au regard de son handicap mental dans la progression du récit, et que la situation s'inverse lorsque Quasimodo propulse Frollo dans le vide situation à miroirs renversés. Certes Frollo voit dans Quasimodo la personnification du péché, mais au-delà de ce trait, ne peut-on pas voir s'insinuer la jalousie ce sont deux rivaux en puissance, il faut qu'un des deux disparaissent ?
Pour Esméralda Frollo lui inspire la haine, Quasimodo la répulsion en raison de sa laideur, mais elle est touchée par son dévouement,puis par sa coopération elle espère retrouver Phébus , mais quand cet espoir s'évanouit elle éprouve à l'égard de Quasimodo de l'indifférence néanmoins on décèle chez Quasimodo l'essence de l'amour pur une beauté morale qui contraste avec sa laideur.
Pour arriver à ses fins Frollo,mêle Gringoire à son stratagème, car il veut récupérer Esméralda, soit elle cède à ses avances, soit elle est condamnée au gibet mais sur le moment lorsque Gringoire est accompagnée de cet inconnu, elle est loin de se douter qu'il s'agit de Frollo, c'est lorsque Gringoire les quitte qu'elle reconnaît Frollo mais Esméralda préfère mourir que de céder à ses avances.Quant à Gringoire, bien que faisant preuve d'une certaine érudition vue sa pauvreté il est aliéné aux exigences de Frolo.
| Michel |
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