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dimanche 28 mai 2023

Royale - Danielle Steel

 

 


Juin 1943 alors que les Allemands bombardent Londres , le roi envoie sa benjamine de santé fragile dans le Yorkshire.

Au manoir des Hemmings la fougueuse princesse Charlotte devient une simple roturière .

Elle se lit d'amitié avec le fils des Hemmings, puis cette amitié s'est transformée en amour , un enfant est attendu, un mariage tenu dans le secret, le départ du jeune homme vers l'armée, la naissance , la mort de la mère en couches et la mort du père sur le front d'Italie.

Annie, l'enfant est recueilli par une employée de service et un palefrenier .

Elle grandit parmi les domestiques sans soupçonner que sa vie va basculer un jour.....

A découvrir.... et se lit facilement pour  un moment de distraction.


Avec plus d'une centaine de livres publiés en France Danielle STEEL est certainement connue parmi vous , donc sans surprise.

Jean Claude.



 

Troublante identité - Paul Audi

 Troublante identité par Audi

 

 Paul AUDI est Philosophe et écrivain auteur d'une trentaine d'ouvrages sur les relations entre éthique et esthétique en Occident dans les temps modernes.

Dans cet essai l'auteur tente de livrer un secret aussi intime qu'universel par une analyse  des mécanismes combinés de la honte, de la haine de soi et de l'asservissement au règne de l'autre.

                                                   Comment sortir du désespoir identitaire?

Du moment que vous ne voulez pas d'identité vous n'en aurez pas, du moment que vous en voulez vous l'aurez; c'est là tout votre raisonnement. Que vous le vouliez ou non,; c'est l'identité qui toujours vous désigne. Elle  désigne en désignant en vous votre appartenance.

Une identité est ce qui vous désigne mais elle est aussi ce qui vous est signifié par un autre qui vous renvoie à une appartenance dont vous pouvez n'avoir eu aucune idée.( et que vous voulez effacer..)

Ce n'est pas parce que l'on veut sortir de son milieu qu'il faut écraser ceux qui en font partie.

La haine de soi est la conséquence d'une aliénation profonde et aggravée au regard de l'autre.

Le désespoir se fonde sur la butée sur soi  " Ah si je pouvais être quelqu'un d'autre, mais il n'y a pas d'espoir. Je suis celui que je suis"

                         " Autre chose est d'échapper à soi-même, autre chose de rencontrer l'autre".

Mettre fin à la haine de soi demande de renoncer à plaire à cet autre déjà là qui possède le statut du surmoi"

              " on ne se débarrasse jamais de son histoire lorsque celle ci vous fait honte " ... on se bat.....encore et encore...

Donc pour vivre  " en Paix" il faut  déposer les armes que l'on aura brandies trop longtemps contre soi .

                  

Jean Claude.


 

Le dernier des siens - Sibylle Grimbert

 Le dernier des siens par Grimbert

 

"le dernier des siens" de Sibylle Grimbert....est le roman que je viens de terminer........1835 Gus, un jeune scientifique,est envoyé par un musée d'histoire naturelle,afin d'étudier la faune du nord de l'Europe.......il assiste,alors, au massacre d'une colonie de gds pingouins...il en sauve un et le nomme Prost....qui sera le dernier de son espèce....une relation s'instaure,entre l'homme et l'oiseau,.........un roman touchant et original..
Monique 
 
 
 
Il faut descendre en bas de l'écran pour accéder à la vidéo :
 

 

jeudi 18 mai 2023

Summer - Monica Sabolo

 

Summer par Sabolo 

 

   Summer,  un prénom qui évoque la chaleur, la lumière, la joie de vivre ...

Ce roman commence comme un thriller : Lors d’un pique-nique au bord du lac Léman, organisé par ses parents, Summer, dix-neuf ans, disparaît. Elle laisse une dernière image : celle d’une jeune fille blonde courant dans les fougères, short en jean, longues jambes nues. Disparue dans le vent, dans les arbres, dans l’eau. Ou ailleurs ?

 Mais très vite, le roman change de genre : Vingt-cinq ans ont passé. Son frère cadet Benjamin est submergé par le souvenir. Summer surgit dans ses rêves, spectrale et gracieuse, et réveille les secrets d’une famille figée dans le silence et les apparences.

Et cette famille aisée recèle bien des secrets ... Derrière la carte postale de la famille idéale enviée par tous, la réalité se révèle bien différente. La disparition de Summer agit comme une onde de choc et peu à peu Benjamin découvre ce que son enfance triste et son adolescence très perturbée ne lui avaient pas permis de voir à l'époque.

 Et une troisième facette du roman se dévoile : une écriture souvent poétique (en particulier sur le thème de l'eau omniprésent ... On en découvre la raison seulement à la fin du livre) qui évoquait pour moi celle de Sylvie Germain.

 

Télérama :

« Il ne se passait jamais rien d'incon­venant » dans ces grandes maisons bourgeoises des bords du lac Léman. De beaux enfants y grandissaient en lieu sûr, devenaient bientôt des adoles­cents radieux, couvés par des mères parfaites et protégés de la trivialité du monde extérieur par des pères indestructibles. Summer était de ces ­enfants bénis des dieux, jeune beauté blonde aux jambes longues et aux cheveux de soie, qui pourtant un jour s'évapora. Enfuie ? Enlevée ? Noyée, telle Ophélie, dans les eaux troubles du lac ? Nul ne l'a jamais su, et vingt-quatre ans plus tard, son ­absence continue de hanter son frère ­cadet : « La nuit, Summer me parle sous l'eau. Sa bouche est ouverte, palpitante comme celle des poissons noirs. »

Les cauchemars aqueux de Benjamin se mêlent à des bribes de souvenirs d'enfance, pour faire du crâne de l'adulte tourmenté qu'il est devenu une drôle de lanterne magique, névrosée, obsessionnelle, morbide. Ces visions, imprégnées d'odeurs, de vent et d'indiscible effroi, saturées surtout de références aquatiques délétères et enchantées dans lesquelles Summer est tout ensemble sirène et dépouille, sont la chair même du beau roman magnétique de Monica Sabolo, qui use avec sensualité d'une langue métaphorique pour tracer l'itinéraire intérieur de Benjamin, par ailleurs lancé, vingt-qua­tre ans plus tard, dans une véritable ­enquête sur la disparition de sa soeur.

Entre le thriller efficace et le récit poétique, soyeux et toxique — on pense beaucoup, en lisant Summer, à Laura ­Kasischke, notamment à son entêtant Oiseau blanc dans le blizzard —, Monica Sabolo ne choisit pas. Elle fond adroitement les deux registres, avançant vers la vérité factuelle, auscultant avec délicatesse les fragilités de l'adolescence, déployant posément et implacablement, à coups d'images et de symboles, les symptômes d'une psyché familiale dérangée. — 

Nathalie Crom

 

https://www.youtube.com/watch?v=EZMnZTPcFHY

 

 

 

Nous n'avions pas d'argent mais nous avions l'amour - Roman Malo et Catherine Siguret

 

 Couverture du livre Nous n'avions pas d'argent mais nous avions l'amour

 


Ce livre de Roman Malo raconte la vie d’une famille de nos jours, l’enfance difficile, heureuse malgré les difficultés financières, entre un père immature et une mère amoureuse se son mari, appliquée à résoudre tous les problèmes.
Malgré les efforts de la mère, la situation se complique au fil des ans et devient désastreuse après la mort des parents’ après que Roman et sa sœur, majeurs, se retrouvent à avoir en charge leur petite sœur de treize ans.
Ce n est pas un roman mais un témoignage sur le courage et la maturité de ce garçon, face à son père complètement incapable de s’occuper d’eux.
J ai beaucoup apprécié ce livre.
  Annick



 

L'air était tout en feu - Camille Pascal

 

 L'air était tout en feu par Pascal

Camille Pascal, agrégé d'histoire , Grand Prix de l'Académie Française nous présente son 3ème roman.

1718 alors qu'un incendie ravage le Petit-Pont au château de Sceaux, la duchesse du Maine , petite fille du Grand Condé, souffle sur un autre brasier pour le Régent, celui du complot.

Ainsi , en ce printemps de 1718 , un vent de fronde se lève sur la France et une course poursuite pour le pouvoir s'engage entre la duchesse du Maine , épouse du duc de Maine , un bâtard de Louis XIV, d'un côté et le Régent de l'autre.

A travers les méandres des conspirations, des haines familiales et une galerie de portraits de personnages peu recommandables, l'auteur nous fait renaître le temps de la Régence.

C'est enflammé et haletant.

A lire pour se distraire.

Jean Claude.

 https://www.mollat.com/videos/camille-pascal-l-air-etait-tout-en-feu

https://www.youtube.com/watch?v=ByizDvN21Ns 

Feu - Maria Pourchet

 

 Feu par Pourchet


L’époque : la nôtre. Le sujet : un adultère , son récit par chacun des protagonistes.

Clément, célibataire, 50 ans, directeur de com dans une grande banque. Laure, mariée, mère de deux filles, prof de fac.

L’alternance de leurs deux récits donne au livre un rythme intéressant. Laure emploie le « tu » pour se raconter, elle et ses sms d’amoureuse typiquement  « bovaryenne ». Clément, lui, s’adresse à son chien, un bouvier bernois qu’il a recueilli et appelle : « Papa ». Clément ne croit à rien, surtout pas à la possibilité d’être aimé. Sa montre connectée ponctue chaque entrée de ses chapitres par l’énoncé de la date, la température corporelle, etc…de son propriétaire.

Le style haché de leurs paroles s’accorde comme un halètement à leurs introspections, si dissemblables, à leurs étreintes comme à leurs décalages. Qui sont-ils ? A 40 ans, Laure a parfois l’impression de n’être que la somme de l’effort et du compromis. Secouer le joug, c’est ce qu’elle va faire. Non sans que se fassent entendre au fond d’elle-même les voix d’outre-tombe et moralisatrices de sa mère , de sa grand-mère ! A la Défense, Clément s’ennuie dans son bureau vitré. Il souffre par ailleurs d’une sociopathie qui n’épargne que son chien. En arrière plan : la présence délétère de sa mère maltraitante.

De ce petit chef d’œuvre de psychologie et de justesse, l’humour n’est pas absent, ni la critique acerbe de notre société. L’omniprésence du smartphone, la présence sous-jacente du coronavirus non plus, dans cette remise à jour d’un thème éternel.

« Feu » est une histoire d’ailes brûlées (surtout celles de l’Amour). Mais la flamme tremblotte dans un texte flamboyant !

Ma sympathie va aux personnages secondaires, Véra fille aînée dissidente radicale, en Lycéenne révoltée. Anton, broyé, en mari trahi.

Précédée depuis longtemps par sa réputation, la plume de Maria Pourchet dans son dernier opus ne m’a pas déçue. Je me suis même délectée : formules laconiques, piques bien envoyées. Pessimisme ? je dirais plutôt : lucidité.


Marie Thérèse 

https://www.youtube.com/watch?v=d2_Wa0OHAso

https://www.youtube.com/watch?v=0exOZGpR6as 

https://www.youtube.com/watch?v=svXMcWXb3QQ

 

 

jeudi 11 mai 2023

Gibier d'élevage - Kenzaburo Oo

 

 Gibier d'élevage par Oé

..Je me retrouve au Japon,avec 4 nouvelles......de Kenzaburo Oo...."gibier d'élevage.... l'histoire d'un pilote noir tombé aux mains de paysans japonais durant la guerre.....une histoire de racisme.... d'amitié...."2 ème nouvelle ...dites nous comment survivre à la notre folie".....histoire émouvante et éprouvante....d'un père totalement investi dans le handicap de son fils...au point de s'y perdre.....3eme nouvelles Agwii le monstre des nuages"....un gd musicien trouve la compagnie d'un fantôme dans sa vie.......et le dernière nouvelle" le jour où il daignera lui même essuyer mes larmes ".......histoire de larmes de sang de maladie..... éprouvante, également cette histoire.......le tout écrit admirablement bien...avec délicatesse, malgré des sujets scabreux et plein d'émotions....... j'espère que cette coupure ne vous compliquera pas la vie.....

Monique..


 

Un si vital sentiment d'insécurité - Isabelle SIAC

 

 Un si vital sentiment d'insécurité

On connaît les symptômes du sentiment d'insécurité ( angoisse, repli,violence) et ses objets ( santé, argent , amour)

Faire de l'insécurité une force, la considérer comme un signal des limites à ne pas dépasser est désormais reconnu comme une sagesse.

Apprivoiser cette insécurité est la meilleure façon de ne pas la faire payer aux autres.

Alors que la guerre, après la maladie, nous réveille violemment d'une tranquillité qu'on croyait acquise, cet essai permet de comprendre les rouages du sentiment d'insécurité et de vulnérabilité et comment il peut dégénérer en paranoïa ou au contraire , s'apaiser. 

Après la " peur " agitée par nos élites sur la " guerre" contre le covid, puis la " guerre  en Ukraine, la guerre contre l'inflation  bref le mot guerre employé un peu trop rapidement par certains  pour cacher " la peur" qui anime nos dirigeants , à moins que cela soit un jeu de torture pour " dominer".( à chacune , chacun sa réflexion) 

Cet essai est très intéressant pour analyser l'effet d'insécurité et toutes ses incidences.

Jean Claude.

 

mercredi 10 mai 2023

Les sept soeurs -Lucinda Rilay

 

 

Les sept soeurs, tome 7 : La soeur disparue par Riley



Je viens de terminer le septième livre de la « saga » des sept soeurs de Lucinda Riley.


Pa Salt, richissime et énigmatique, a ramené de ses voyages aux quatre coins du monde six bébés, six filles, qu’il adoptées.

Maïa est l'aînée de la fratrie où toutes ont reçu un prénom tiré de la mythologie grecque (les soeurs des Pléiades).  Il y a ensuite Alcyone, que l’on surnomme Ally, Astérope ou Star, Célaeno ou Cece, Taygete ou Tiggy, Electra et enfin Mérope qui est la soeur disparue car Pa Salt n’est jamais arrivée à la trouver.


Le récit commence par l'annonce de la mort du père, Pa Salt, qui laisse à chacune de ses filles une lettre et un indice leur permettant, si elles le désirent, de retrouver leurs origines.


Chaque livre est consacré à l’une des soeurs et à sa recherche de ses origines. L’auteur nous offre de magnifiques voyages dans le monde et dans le temps. On est littéralement embarqué dans des histoires très riches en rebondissements. Cette lecture permet à la fois l’évasion et la découverte d’un pays avec des faits historiques, et un personnage principal ayant  à chaque fois un caractère bien trempé. Bien sûr, on peut préférer tel ou tel livre, en fonction de son héroïne ou du pays dont elle est originaire.


On a un peu la sensation de toujours tourner autour de la même construction de récit  à chaque fois mais le charme opère.


Dans "La soeur disparue", le dernier livre , les soeurs décident de se lancer à la recherche de la septième soeur qui est en réalité le seul enfant biologique de Pa Salt. Et c’est encore un magnifique voyage que nous offre l’auteur, sur fond de guerre entre l'Irlande et l'Angleterre. On y retrouve toute la tribu des tomes précédents.


Le mystère demeure cependant quant à Pa Salt. Tant de questions restent sans réponse. Il faudra attendre le huitième et dernier tome "Histoire de Pa Salt " pour espérer avoir des réponses.

Lucinda Meyer est décédée d’un cancer en 2021 sans avoir eu le temps de terminer sa saga. Elle a confié toutes ses notes, ses idées, à son fils Harry Whittaker, lui aussi écrivain, pour qu’il achève son oeuvre. Et le dernier tome ne devrait pas tarder à sortir.

Jean-Claude nous a parlé de Lucinda Riley pour un autre de ses ouvrages, « Le domaine de l’héritière », que j’ai du coup, bien envie de lire. 


 https://www.youtube.com/watch?v=azSpx1kBT6I

 

Désenchantées - Marie Vareille

Désenchantées par Vareille

Beaucoup d'hypothèses, sur une affaire de disparition d'une adolescente de 15 ans dans une petite ville de Normandie, avaient été étudiées mais aucune n'avait permis de la retrouver; et non résolue elle fut une affaire classée. 

Cependat,  elle résurgit lors du retour de Fanny dans ce village qu'elle habitait alors. 

Les personnages sont assez nombreux faisant partie du passé ou du présent. La lecture en est cependant aisée et le personnage de Lilou est particulièrement intéressant.

Premier livre que je lis de cet auteur et qui donne envie d'en lire d'autres. 

 Nicole

https://www.youtube.com/watch?v=Lz2VoD8t8-c 

https://www.facebook.com/vareille.marie/videos/%C3%A9coutez-un-extrait-de-d%C3%A9senchant%C3%A9es-en-livre-audio/708745193697250/ 

vendredi 5 mai 2023

Les chats éraflés - Camille Goudeau

Les Chats éraflés par Goudeau



Sur un coup de tête, Soizic, vingt-deux ans, quitte la Touraine, ses grands-parents alcooliques et une vie sans perspective.
A Paris personne ne l’attend. Tout juste si elle peut, avec le peu d’argent dont elle dispose, atterrir dans la sordide chambre de marchands de sommeil.
En découvrant Paris de nuit et de jour, une ville monstrueuse et splendide,une hantise l’accompagne toujours car elle sait que sa mère s’y trouve : seul indice récolté sur l’existence de cette femme qui l’abandonna.
Entre difficultés, douleur, formidable désir de s’en sortir, notre héroïne va son chemin. Sur les quais, un peu par hasard, elle partage le travail d’un bouquiniste.
Au tournant de ce récit où planent bien des thèmes liés à la difficulté (misère, accès à l’âge adulte, abandon, addiction à l’alcool), voilà que notre curiosité à l’égard des vendeurs aux fameuses « boîtes vertes » se réjouit !
L’aperçu donné sur le monde des bouquinistes constitue un contrepoint aussi palpitant que l’ensemble du livre (on y sent le vécu de l’auteur). J’ai vraiment aimé ses descriptions, elles confirment l’allant d’une écriture très agréable.
Le bandeau qui m’avait fait choisir ce « Folio » assez récent dit : «  Poignant et très drôle » et si le  « très » me semble exagéré, il est vrai que j’ai aimé la vivacité avec laquelle son personnage nous emmène , entre galères et espoir.
Avec son style, une absence de mièvrerie, et sa fin ouverte, un tel roman me semble échapper à la classification « feel good » .

Marie Thérèse 

 

https://www.youtube.com/watch?v=8q_qIWnzDDU 

https://www.youtube.com/watch?v=dY-M1cFeYs8 

 

jeudi 4 mai 2023

Le roitelet Jean-François Beauchemin

 

 Le roitelet par Beauchemin

 


Ce vingt-cinquième livre d’un auteur canadien que je découvre nous offre une méditation sur la Vie dans un hymne à la présence d’un frère handicapé par la schizophrénie.

Dans un quotidien paisible, auprès de sa femme Livia, de son chien Pablo et de son chat Lennon, un homme reçoit les visites régulières de son frère plus jeune, psychotique. Avec sollicitude il s’emploie à lui adoucir le plus possible la solitude et l’inquiétude.

Au fil des petits évènements qui rythment les jours, leur proximité ne fait jamais défaut. Une fusion d’esprit entre ces deux êtres nous permet de saisir le combat d’un schizophrène contre le mal qui le terrorise.

De très belles pages écrites avec pudeur par l’ainé sont ainsi regroupées en courtes séquences. Sans prétention moraliste , très simplement, chacune des 63 petites narrations nous offre des pépites d’attention, de tendresse un peu malicieuse. Témoin ce passage si plein de poésie :

« A ce moment je me suis dit pour la première fois qu’il ressemblait avec ses cheveux courts aux reflets mordorés à ce petit oiseau délicat, le roitelet, dont le dessus de la tête est éclaboussé d’une tache jaune. Oui, c’est ça, mon frère devenait peu à peu un roitelet, un oiseau fragile dont l’or et la lumière de l’esprit s’échappaient par le haut de la tête. Je me souvenais aussi que le mot  « roitelet désignait un roi au pouvoir très faible, voire nul, régnant sur un pays sans prestige, un pays de songes et de chimères pourrait-on dire. »

Je recommande cette lecture, qui fait du bien au milieu des craintes concernant le temps qui vient .


 

mardi 2 mai 2023

Le domaine de l'Héritière - Lucinda Riley

 

 Le domaine de l'héritière par Riley


Gassin , sud de la France.

Alors qu'elle avait tout fait pour rendre ses distances avec ses origines aristocratiques , Emilie de La Martinière se retrouve seule héritière de l'imposant château familial en manque d'entretien.

De retour dans le domaine elle est troublée par les souvenirs qui lui reviennent.

Emilie comprend vite que les vieilles pierres cachant de nombreux secrets.

De la Provence au Yorkshire, la romancière nous déroule une fresque émouvante à travers les destinées de personnages pris dans les tourments de la guerre 1940-45;

Un " pavé " de 600 pages de secrets de Famille, Espionnage avec loyauté et trahisons.

Une oeuvre captivante.

Jean Claude.

 https://www.youtube.com/watch?v=qcNOHlD1CZs

mercredi 26 avril 2023

Nous, les Allemands - Alexander Starrit

 

 Nous, les Allemands par Starritt

Longtemps, les questions posées par Callum à son grand père allemand sur la guerre sont restées sans réponse.

Un jour Meissner s'est décidé à raconter.

Sa vie de soldat sur le front de l'Est, les débuts triomphants, l'ivresse des batailles et puis le froid, la faim, la misère et surtout l'année 1944 quand lui et ses camarades ont compris que la guerre était perdue.

Dans la déroute les hommes ne sont plus des hommes, que le désespoir vous fait accomplir le pire et que rien, jamais, ne permettra d'expier la faute de tout un peuple.


Un texte riche , dérangeant sur un passé qui n'en finit pas de résonner.......même dans ces temps chaotiques !

Jean Claude.

 https://www.facebook.com/Lisez.officiel/videos/rentr%C3%A9e-litt%C3%A9raire-2022-nous-les-allemands-dalexander-starritt/3217268805196095/

mardi 25 avril 2023

Les sources - Marie Hélène Lafon

 

 Les Sources par Lafon

 

Je viens de terminer " les sources " de Marie Hélène Lafon.....une histoire de femme ,dans les années 60.....dans un coin perdu d'Auvergne.....3 enfants trop vite arrivés, après le mariage....elle a perdu tout son bonheur de vivre...son mari...la bat..

Elle divorce....rien d'original me direz vous.... mais M H Lafon...a fait de cette histoire...un petit chef d'oeuvre d'humanité......ces sources....ces racines......
 
Monique 
 
 
 
Sur le dernier lien, il faut descendre bas dans l'écran pour trouver le lien vidéo.
 

 

Atelier 62 - Mathilde Sonnet

 

 Atelier 62 par Sonnet

Je viens de finir le résumé ( si j'ose dire !) du livre de Mathilde Sonnet "Atelier 62". Un très beau livre, admirablement documenté, et "vécu". 
Mathilde Sonnet est historienne, ingénieure de recherches au CNRS, mais ce qu'elle nous raconte est l'histoire de ses parents, de son père surtout, charron-forgeron en Normandie, qui sentant que le monde paysan dans lequel il avait grandi touchait à sa fin, avait décidé de se faire embaucher aux usines Renault à BIllancourt. 
Je n'ai pas voulu ( ou pas su ) résumer les chapitres sur les luttes ouvrières de cette époque, mais c'est presque l'histoire de mon grand-père, il était électricien chez Roux-Combaluzier, et a vécu à peu près les mêmes choses : le départ vers les grandes villes, l'usine, les luttes ouvrières, etc. (Je l'ai très peu connu, il est décédé en 1946 ).
Le hasard a voulu que j'habite pendant un an, dans un studio, juste en face de l'usine Renault, à BIllancourt. La nuit, on entendait très bien le bruit des machines ! 
Bref, je vous recommande ce livre...
 
Anne

Atelier 62. Martine Sonnet

(Martine Sonnet est ingénieure de recherche en histoire au CNRS. Elle a publié plusieurs livres concernant l’histoire des femmes et son évolution)

Martine Sonnet est historienne, mais ce qu’elle nous raconte dans cet ouvrage, si tout y est exact, n’est nullement un livre « savant… »

Son père travaillait comme artisan (ouvrier charron/tonnelier/ forgeron) dans la campagne normande, quand, à 40 ans, prévoyant probablement que son métier n’aurait plus guère d’avenir, il se fit engager en 1950  à l’usine Renault de Billancourt, comme ouvrier, accédant ainsi à « la classe ouvrière », et s’était installé, sans sa famille, dans divers hôtels et chambres meublées, faute de trouver un logement décent, sa femme et ses trois enfants  (bientôt quatre…) étant restés en Normandie.

 5 ans de séparation. Il rentre chez lui par le train chaque semaine, en finissant le trajet sur son vélo, qu’il a laissé à la gare…

Il est d’abord embauché comme « ouvrier spécialisé », le temps de « faire ses preuves, (alors que ses papiers prouvent qu’il est bien charron-forgeron), et encore « à l’essai », ce qui permettait de le payer aussi peu que possible, la durée de cet essai n’étant mentionnée sur aucun document.

Il finit tout de même par décrocher un HLM (l’auteur n’emploie pas ce mot), à Clamart, où lui et sa famille, enfin réunis, s’efforcent de maintenir un minimum de décence, par rapport aux voisins bruyants (on entend tout !)  Il faut aussi grimper les escaliers, et utiliser le vide-ordures installé à chaque demi-étage.

Je cite : « le confort des radiateurs, de l’eau, et même chaude, des wc à soi sans avoir à sortir, fait supporter ce qui cloche encore. Et ce bruit, que le père n’entend déjà plus trop, assourdi par le bruit des forges… »

Les forgerons, c’est la noblesse de l’usine, quand on dit « la forge arrive », on s’écarte pour la laisser passer…

En rentrant chez lui, le père se déshabille, il s’est pourtant douché à l’usine, y a laissé ses habites sales, mais cette nouvelle douche sert de sas entre ses deux vies. Une fois bien rasé, les enfants peuvent l’embrasser.

Et bien sûr, il emporte sa gamelle au travail, et la rapporte le soir, avec de petits objets usuels qu’il a fabriqués à la main, histoire de se détendre un peu, l’auteur en a encore chez elle…

Les forgerons, pourtant sélectionnés pour leur robustesse ne restent pas longtemps en bonne santé, ils finissent leur carrière à 65 ans, dans des travaux moins épuisants, mais aussi moins payés, et c’est sur ces emplois que leur retraite est calculée.

Quand on retourne au village en vacances, on est devenu « les Parisiens des taillis », c’est dit sans méchanceté, mais on comprend qu’on ne fait plus vraiment partie du village…

Le forgeron du village a gardé son privilège de bouilleur de cru, on rapporte un peu de calva, qu’on fait goûter aux copains, au vestiaire. Il faut expliquer comment la poire a pu entrer dans la bouteille, c’est tout un art, une autre culture…on rapporte aussi les rillettes maison…

Le père s’est débrouillé pour installer un petit atelier dans la cave de son immeuble, le dimanche, il y fabrique des objets utiles, des meubles pour les enfants, « en vrai bois », tout ce qui peut se faire à la main. Il fait aussi connaissance avec certains habitants des petites maisons de banlieue du secteur, et leur donne des conseils avisés sur la taille des arbres fruitiers, va aux pissenlits, qu’il cueille avec le couteau de poche, qu’il gardera toute sa vie, seule habitude qui ne se perdra jamais, parce que même la messe  finira « par passer à l’as… »

Et puis, descriptions des ateliers. Innommables, envahis par les rats, sans chauffage, ou surchauffés à cause des machines, les accidents où meurent les ouvriers, « c’est toujours leur faute », les syndicats ont beau s’être organisés peu à peu, les indemnités obtenues ont inexistantes, et si un ouvrier ne peut vraiment plus manier ses outils, par pure bonté d’âme, les patrons le placeront dans un autre atelier, où il sera encore moins bien payé.

Il commence à y avoir pas mal de grèves, de débrayages…

Et pendant ce temps…notre auteure poursuit ses études, et rapporte des prix, en fin d’année. Elle ne le dit pas clairement, mais le lecteur sent qu’elle est en train de quitter le monde ouvrier sans le vouloir…D’ailleurs, on a tendance à l’oublier : quand la famille part en excursion en autocar, on s’arrange pour  ne pas l’emmener, sous prétexte qu’elle est toujours malade en voiture, etc. Et personne ne saura qu’elle va à la piscine de Chatenay-Malabry toute seule, vers 8 ou 9 ans…

Il y aura encore de grandes réunions de famille, avec des tablées bien garnies, mais les enterrements se multiplient, le père finit par mourir, et être enterré en Normandie. Il aura quand même eu tout juste le temps de serrer la main du mari de l’autrice, et père de ses futurs petits-enfants

 Pour ceux qui veulent en savoir plus :

 https://www.dailymotion.com/video/xfaga3

L'ile haute - Valentine Goby

 

 L'île haute par Goby

Le paysage est, sans aucun doute, le motif central de ce roman éblouissant, construit sur les impressions d’un enfant découvrant la montagne.

EN plein hiver, Vadim, douze ans, parisien des Batignolles arrive dans la vallée des Ours, à Vallorcine, dernier village avant le passage en Suisse. Blanche et Albert l’y accueillent dans leur chaleur et sous son nouveau nom : Vincent. Nous sommes en 1943.

Pour l’enfant la surprise est totale. Il n’a jamais vu la montagne. Comme en un songe il absorbe le paysage inconnu du massif dont les cimes forment « une île haute, entre brume et nuages.

Trois saisons durant se constitue en Vincent ce monde qu’il happe et qu’il apprend à connaître de tout son être. Accompagné de Moinette, paysanne de son âge, il fait l’apprentissage de la vie montagnarde, de ses usages, de ses gestes, de son vocabulaire. Et de même il guette autour de lui les mots signalant par quel enjeu tragique il a dû quitter brusquement son prénom, ses parents.

Basé sur la construction initiatique d’un enfant déraciné, cette histoire rend un hommage discret à tous les persécutés et aux Savoyards , aux réseaux catholiques qui sauvèrent des centaines de Juifs.

J’ai retrouvé dans ce roman la beauté des descriptions des « Huit Montagnes » (Cognetti), ainsi que l’extraordinaire faculté d’empathie de « S’adapter »(Dupont – Monot). J’évoque aussi « Un jour ce sera vide » (Lindenberg) ou les questions d’un enfant à qui rien n’a été dit sur les siens décimés par la guerre.

Vous l’avez compris : ce récit est à plus d’un titre, bouleversant.

Marie Thérèse

 https://www.youtube.com/watch?v=qQxHQsr2kPA

https://www.youtube.com/watch?v=PJrjdUV8pu0 

dimanche 23 avril 2023

Les grands cerfs - Claudie Hunzinger

Les grands cerfs par Hunzinger



Ah, j'ai beaucoup, beaucoup aimé ! Écriture poétique qui dit la relation de l'auteure à la nature et, plus particulièrement à ces animaux discrets et majestueux que sont les cerfs. 

Elle décide de les observer dans des huttes de camouflage, de suivre leurs sentes, de les écouter.
Elle se " sent " cerf. Cela pendant des mois. 

Mais son amour des bêtes va se heurter à une réalité cruelle car qu'est-ce qu'une vie de cerf pour des chasseurs ou pour l'ONF ?

J'ai trouvé ce livre très beau.

Sylviane

https://www.youtube.com/watch?v=zH7XTI3RrBA 

 https://www.hachette.fr/videos/claudie-hunzinger-presente-les-grands-cerfs

https://www.youtube.com/watch?v=bIKi8YydHpY 

mardi 18 avril 2023

L'enfant de l'espoir - Gill Thompson

 

 L'enfant de l'espoir par Thompson

 



Le sacrifice d'une mère inspiré d 'une histoire vraie .

En 1939 à Prague Eva élève sa fille Miriam de cinq ans , lorsque les nazis envahissent la ville elle décide d'envoyer sa fille en Angleterre.

Peu après Eva est arrêtée et déportée à Auschwitz.

A Londres  Pamela dont le fils Will est parti à l'armée,  aide les enfants réfugiés juifs à trouver des familles d'accueil mais une petite fille Miriam reste seule sur le quai d'une gare..

Pamela ne peut se résoudre à abandonner la fillette et la prend avec elle .

Ensemble elles vont traverser la guerre poussées par l'espoir de retrouver ceux qu'elles aiment.

Un très beau roman....

jean claude.

 

dimanche 16 avril 2023

Mal de pierre - Milena Agus

 

 Mal de pierres par Agus


La plume subtile et délicate de l’auteur retrace la vie d’une grand-mère sarde, sur fond des dernières années de guerre, et jusqu’aux années 50.

Ce récit tracé, par sa petite fille, nous révèle une femme tellement spontanée, insatisfaite, qu’on la croit folle, « débarquée de la lune » dit son entourage.

En fait, cette fille de bourgeois agricoles croit que sa vie ne saurait être vécue sans la fameuse « chose principale »de ses rêves : celle d’une rencontre avec l’homme qui lui permettra de vivre l’aventure charnelle et sacrée qu’elle désire tant.

Pour éviter l’internement, « Grand-Mère » est mariée à un homme qu’elle n’aime pas. Cet employé aux Salines de Castelddù lui offre une vie aisée, ainsi que l’assistance aux déboires infligés par des crises de coliques néphrétiques.

Car notre héroïne est atteinte du « mal de pierre », et il lui est prescrit une cure thermale. A Civitavecchia, la lumineuse Sardaigne s’échange contre un monde sans couleurs. Un homme s’y trouve, pourtant : « le Rescapé », dont la vision soudaine redonne aussitôt la lumière, la joie.

Histoire classique ? La rencontre des deux êtres marque un revirement , aura des conséquences.

Ce qui fait pour moi tout le charme de cet hommage d’une petite-fille à sa grand-mère me semble bien être surtout l’évocation si prenante des lieux et des personnages d’une famille. Un exploit de cette romancière, que de donner l’impression de baigner dans une Sardaigne presqu’aussi tangible que la vraie ! Les portraits de chacun des protagonistes, la précision des évènements biographiques, tout cela m’enchante. De même que l’étonnante surprise que nous réserve la fin de l’histoire.

Marie Thérèse

 

vendredi 14 avril 2023

En salle - Claire Baglin

 

 En salle par Baglin



Une sorte de double récit qui met en parallèle l'enfance de la narratrice dans une famille d'ouvriers et sa vie d'adulte comme employée  dans un fast-food (on imagine facilement Mac Do' même si le nom  n'apparaît pas). 

Donc, d'un côté un père qui trime à l'usine et de l'autre sa fille enchaînée à son tour dans un travail répétitif et aliénant.

Certes ce n'est pas très drôle mais c'est tout à fait réaliste. Décrit sans lamentations et bien écrit.

Sylviane

 

https://www.youtube.com/watch?v=dBlK6sAw_QU 

Il suffit de traverser la rue - Eroc Faye

 

 Il suffit de traverser la rue par Faye

 


Dans les années de 2010 un journaliste vit de l'intérieur les convulsions d'une entreprise de presse prise dans ...le " délire de la mondialisation".

Rachat, brutalité managériale ( surtout cela ne vous concerne pas???) , obsession du profit envers et contre tout. 

Qui a dit que la mondialisation était heureuse ?  pour qui ?

A l'occasion d'un plan de départs volontaires ( enfin si l'on veut ) il prend ses cliques et ses claques en saisissant au vol une opportunité de reconversion professionnelle ( pardi à près de la soixantaine..) qui sont un business à part entière.

Au fil du roman c'est le tableau d'une classe moyenne incapable de résister et de se mobiliser lorsqu'elle est attaquée.


Maintenant il suffit de .......lire ce roman.

Jean Claude.

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Critique parue dans le journal La Croix :

Il suffit de traverser la rue

Éric Faye

Seuil, 288 p., 19,50 €

Plus un écrivain s’attaque à des situations ordinaires et plus sa plume doit être originale et talentueuse. C’est, en tout cas, ce dont on se persuade à la lecture du nouveau roman d’Éric Faye. Sans l’élégante précision de son vocabulaire et le mélodieux balancement de sa phrase, Il suffit de traverser la rue aurait pu glisser vers le pamphlet antilibéral comme il en existe beaucoup.


Mais si l’auteur se fait ici peut-être plus politique qu’à son habitude, son intelligence et sa sensibilité le garantissent de l’emphase démonstrative comme de la tentation moralisatrice. Écrit à la première personne – une personne immédiatement attachante en dépit de ses petites lâchetés –, le récit, très concret jusque dans ses bizarreries, reste constamment à hauteur des gens. Cette généreuse et romanesque incarnation prouve une fois encore le pouvoir d’une bonne histoire.

Dernière heure professionnelle

Journaliste dans une agence d’information dont la direction américaine invisible et omnipotente orchestre la réorganisation, à savoir la réduction des coûts, Aurélien Babel sent bien sa dernière heure professionnelle arrivée. Mais, poète à ses heures, il entend tirer avantage de la situation et profiter d’un plan de départ assorti d’un chèque confortable.

Adieu la révolte collective pour sauver les emplois et la défense de la noblesse du métier. Le narrateur consent même à passer par la case « reconversion », dont chacun sait l’inanité pour un salarié de 57 ans. Son parcours est d’ailleurs prétexte à des pages particulièrement cocasses dans leur administrative absurdité. « La formation proposée était loin de m’enthousiasmer, mais je n’aspirais de toute façon pas un instant à me reconvertir en quoi que ce soit d’autre qu’un rêveur d’élite, un stakhanoviste du farniente. »


Entre son bureau où la tension monte entre des collègues dont Éric Faye égrène les noms et prénoms avec le soin scrupuleux d’un agent de l’état civil, et son domicile, en passant par quelques visites plutôt sinistres dans sa belle-famille, le narrateur détaille les étapes de cette liquidation. En acteur désabusé, mais jamais plaintif, et en spectateur lucide de cette « drôle de guerre » entre cols blancs : «Difficile de capter des informations dans cette rédaction d’ordinaire bruyante mais dont la bande-son, désormais, rappelle un film célèbre du commandant Cousteau. »

Certitudes vacillantes

Romancier, essayiste, traducteur, journaliste (dans une agence de presse…), Éric Faye est l’auteur érudit d’ouvrages à la lisière avec l’étrangeté, instillant un soupçon de fantastique dans le quotidien. De L’Homme sans empreintes à La Télégraphiste de Chopin, les identités se dérobent, les certitudes vacillent. Ici, la brutalité économique prétend mettre bon ordre à ce flou qui fragilise mais illumine la vie. Même en entreprise, même au XXIe siècle, même à l’heure de l’information en temps réel.


Dans son magnifique Mes trains de nuit, l’écrivain faisait l’éloge des wagons trouant l’obscurité, favorisant la prédilection du voyageur pour la lenteur et la contemplation. Il défendait ce « gisement de poésie en voie de disparition » sous les coups de son « pire ennemi », ce TGV diurne fier de sa célérité. Il suffit de traverser la rue poursuit, à sa manière, l’inventaire mélancolique de la défaite programmée d’un monde jugé obsolète.

I

dimanche 9 avril 2023

Elysée contre Matignon de 1958 à nos jours Jean Garrigues.

 

 

Spécialiste d'histoire politique Jean Garrigues nous raconte comment de De Gaulle et Debré, Giscard d'Estaing et Chirac Mitterand et Balladur, Sarkozy et Fillon ou Macron et Philippe ont ils cohabité.


On relève un Ego sans limite des acteurs soulignant un autoritarisme absolu très loin de la recherche du bien-être d'un peuple.

Des échanges de " cour d'école" du style " je t'aime, moi non plus " " je vous présente ma démission mais non je vous garde toute ma confiance " etc...du chantage , des coups tordus et on se demande à la fin du livre ; " c'est çà qui nous gouverne ? " 

Après il ne faut pas s'étonner du dégoût de la politique . 

A lire pour ne pas " être trop bête" .

Jean Claude.

 https://www.youtube.com/watch?v=KX-wKGhTN6w

 

Journées de lecture - Marcel Proust

 Journées de lecture par Proust

 

Je ne suis pas une inconditionnelle de Marcel  Proust....qui à mon humble avis écrit merveilleusement....les choses sans importance,et,j'avoue,que, parfois,il m'agace sérieusement...... pourtant,je viens de lire un livre charmant de cet auteur "journée de lecture "....pas un roman...une petite autobiographie..de 81 pages....qui rend hommage à la lecture  ,et au jeune Marcel,qui s'en régale....
Monique 
 
"Qui ne se souvient comme moi de ces lectures faites au temps des vacances, qu'on allait cacher successivement dans toutes celles des heures du jour qui étaient assez paisibles et assez inviolables pour pouvoir leur donner asile.
Le matin, en rentrant du parc, quand tout le monde était parti faire une promenade, je me glissais dans la salle à manger, où, jusqu'à l'heure encore lointaine du déjeuner, personne n'entrerait que la vieille Félicie relativement silencieuse, et où je n'aurais pour compagnons, très respectueux de la lecture, que les assiettes peintes accrochées au mur, le calendrier dont la feuille de la veille avait été fraîchement arrachée.
la pendule et le feu qui parlent sans demander qu'on leur réponde et dont les doux propos vides de sens ne viennent pas, comme les paroles des hommes, en substituer un différent à celui des mots que vous lisez."


 

La faussaire - Patricia Delahaie

 

 La Faussaire par Delahaie


Patricia Delahaye a écrit une vingtaine d'ouvrages sur les relations conjugales et familiales.

La Faussaire est son premier roman .

Inspirée d'une histoire vraie Patricia Delahaye explore la " banlieue" du crime, ces zones d'ombre et  de lumière qui conduisent un homme plutôt bon à revêtir petit à petit un costume d'assassin.

Paul Ménard médecin dévoué jusqu'au jour de de printemps 1997 où il croise Camille. Paul succombe, mais Camille est mariée avec un militaire , homme dur et parfois violent ( si l'on en croit Camille) et Paul veut sauver Camille.

Mensonges , manipulations de qui ....?  à découvrir tout au long du roman  bref , on apprend petit à petit qui est le " plus toxique" que l'on pense et on " reste" dans la naïveté de ne pas se laisser prendre aux apparences.


A lire tant cela ressemble  à la réalité humaine...

Jean Claude.

 https://www.youtube.com/watch?v=X2hS3nbKW0M

 

samedi 8 avril 2023

Trois soeurs - Laura Poggioli.

 

 Trois soeurs par Poggioli



Alors là, on n'est pas du tout dans le conte de fées, mais alors pas du tout, puisque l'auteur retrace une histoire vraie, celle de trois soeurs qui tuent leur père. Ça s'est passé en Russie, il y a quelques années à peine. 

Le père extrêmement violent, a battu et abusé de ses filles pendant des années jusqu'à ce qu'elles en viennent à cet acte ultime parce que c'était sûrement la seule solution. On apprend lors de cette
lecture qu'en Russie, ce qui se passe dans les familles ne concerne pas l'état ni la justice et que de nombreux russes vivent selon leur proverbe : " S'il te bat, c'est qu'il t'aime ". D'ailleurs ils
considèrent le mouvement " me too " pour un caprice d'occidentales trop gâtées.

L'auteur a vécu en Russie et mêle à l'histoire des soeurs sa propre expérience de la vie au contact de ce peuple.

Terrible.

Sylviane

 https://www.youtube.com/watch?v=t_n3JNHRdUM 

 

Un long, si long après midi - Inga Vesper

 

 Un long, si long après-midi par Vesper



  Polar peu crédible.

Une femme disparaît. Elle avait tout pour être heureuse, hum hum, c'est louche, n'est-ce pas les amis ? 

Allez, on n'est pas dans le conte de fée, la princesse n'avait vraiment pas TOUT pour être heureuse mais l'histoire est un peu invraisemblable. Et dans la dernière partie, les rebondissements n'en finissent pas au point d'être franchement usants...

Sylviane

https://www.youtube.com/watch?v=OgQM9BlHQqs 

 

La maison à vendre Paule Vialatte

 

 



Une veuve de 60 ans décide de mettre sa maison en vente. Il faut dire que la maison en question est un petit château. Or, un château, même petit, vous imaginez chers épistoliens, que ça demande pas mal de boulot et à 60 ans on peut commencer à se lasser... 

Les candidats acheteurs défilent, personnages assez caricaturaux mais on sourit. Quand la
princesse soixantenaire tombe raide amoureuse d'un randonneur entraperçu sur ses terres et que ce dernier, incroyable hasard, débarque au château et se propose de l'acquérir, on sent le prince de conte de fée arriver avec ses gros sabots.

Vous allez me dire : un château, une princesse, un randonneur fortuné, tout est réuni pour le conte de fée. Ben oui. Je l'ai lu quand même jusqu'au bout, sûr que ça ne casse pas trois pattes à un canard mais au moins on ne termine pas en larmes.

 

Sylviane 


 

Pardonne-lui Jodi Picoult

 Pardonne-lui par Picoult

 

Sage Singer est une jeune femme solitaire qui travaille la nuit dans une boulangerie. Un jour elle rencontre Josef Weber, un vieil homme  qui , un soir , lui raconte son terrible secret.

Il a été officier SS pendant la guerre au camp de Bergen Belsen.

Cette révélation nous plonge dans les horreurs de la Seconde Guerre mondiale et au coeur d'une histoire familiale.

643 pages haletantes qui nous replongent dans des atrocités qu'on aimerait ne pas avoir eu connaissance.

Pour ceux " curieux " des monstruosités d' un régime totalitaire ( comme il y en a eu d'autres ensuite, Vietnam, Chine, Cambodge , Rwanda etc...).

Jean Claude.

 

vendredi 24 mars 2023

Le contraire de Un - Erri de Luca

 Le contraire de un par De Luca

 

C'est le premier livre de cet auteur que je lis. Je l'ai pris car j'avais vu qu'il se composait de Nouvelles et que j'apprécie ce genre littéraire. J'ai bien aimé son style. Pas de descriptions ou explications longues, au contraire et de ce fait toutes les Nouvelles n'ont pas été faciles pour moi. Il se raconte merveilleusement et montre les bons moments qu'il peut y avoir dans la solitude tout en montrant que ce sont aussi les autres qui nous font ce que nous sommes. J'espère que  d'autres le liront et expliqueront pourquoi ils ont aimé ou pas. 

Nicole

 

Rue de la justice - Danièle Sallenave

 

 Rue de la Justice par Sallenave


Revenant sur sa terre d'origine, l'Anjou, l'auteure tente de retracer le cadre de vie d'une de ses arrières grands-mères et d'évoquer la difficile existence du travail du milieu du 19 ème siècle à la guerre de 1914-18. Le poids de l'Eglise et des châteaux tout en faisant entendre les voix de Victor Hugo, de Louise Michel et des républicains et républicaines d'une province qui l'était si peu.

Cette confiance en la république pourrait-elle renaître aujourd'hui?

En 2018 , il a semblé à l'auteure entendre chez les Gilets jaunes quelque chose de très ancien dont étaient porteurs nos ancêtres , journaliers agricoles, vignerons, artisans et tous ceux que l'on nommait les " impropriétaires " ( qui ne possédaient rien) .

Egalité , justice et reconnaissance sont toujours.....d'actualité  comme si le temps s'était arrêté ?


Beaucoup d'histoire fort bien décrite.  A lire.

 
 

 

La Correspondante - Virginia Evans

    "La Correspondante" de Virginia Evans se trouve être dans la liste des livres à lire avant la réunion de septembre des "...